Le drapeau ukrainien flotte sur Slaviansk

Crédit : Mikhaïl Voskressenski/RIA Novosti

Crédit : Mikhaïl Voskressenski/RIA Novosti

La confrontation dans le sud-est de l’Ukraine touche à sa fin. Au cours du week-end dernier, les forces armées nationales ont repris un bastion de l’insurrection, Slaviansk, ainsi que les villes attenantes. Les experts militaires disent que, malgré le succès remporté après deux mois de siège de la ville, le gouvernement de Kiev doit mettre fin aux affrontements au plus vite, afin d’éviter une crise humanitaire dans la région.

Selon les représentants de la République populaire autoproclamée de Donetsk, les insurgés ont réussi à s’échapper de la ville assiégée de Slaviansk avant de se retirer à Kramatorsk, situé à proximité, puis à Donetsk. Ils ont déclaré que le retrait de la ville bloquée « est une manœuvre tactique permettant de resserrer les troupes et d’assurer la défense de Donetsk ».

Rappelons qu’au cours des deux mois de siège de cette ville de 110 000 habitants, les militaires ukrainiens ont bloqué les approvisionnements en nourriture et ont coupé l’électricité et l’eau. Le quotidien russe Kommersant cite des habitants de Slaviansk qui racontent que la Garde nationale a conduit des opérations de « nettoyage » afin d’identifier les saboteurs potentiels et les personnes ayant collaboré avec l’insurrection.

La bataille de Donetsk aura-t-elle lieu ?

Dmitri Ponamartchouk, politologue ukrainien indépendant, estime qu’il est peu probable que le gouvernement de Kiev suspende les combats après la prise d’un des principaux centres de l’insurrection.

« Il ne faut pas oublier que, dans l’entourage du président, il y a un groupe assez influent de partisans de la ligne dure. Même si Porochenko souhaitait prendre la voie des compromis, concessions et demi-mesures, ces gens ne le lui permettraient pas, surtout maintenant », explique Ponamartchouk.

L’expert a souligné que le siège de Donetsk avec l’utilisation de l’artillerie et de l’aviation conduirait à une catastrophe humanitaire avec un grand nombre de victimes civiles. Aussi, la bataille pour le bastion de l’insurrection suivra le même scénario que Slaviansk : siège avec coupure des communications et des approvisionnements de la ville en nourriture, et évacuation des civils.

L’expert militaire indépendant Victor Litovkine explique que la prise de Kramatorsk par l’armée ukrainienne a été possible grâce au refus des habitants d’apporter leur soutien à l’insurrection et d’exposer la ville aux bombardements de la Garde nationale.

« La même chose peut se reproduire à Donetsk : les gens pourraient refuser de soutenir l’insurrection et préférer laisser la ville à la merci de l’armée ukrainienne. Globalement, il est clair que l’insurrection ne peut vaincre la machine d’Etat, supérieure par ses effectifs et ses équipements », explique Litovkine.

Il estime que Kiev compte aller jusqu’au bout, la seule façon de mettre fin aux violences étant d’accroître la pression politique de la part de Paris, Berlin et Moscou.

« Le pouvoir central et les républiques pourraient signer un accord de paix similaire aux Accords de paix de Khassaviourt signés en 1996 par la Fédération de Russie et la Tchétchénie. Cet accord a ouvert la voie au retrait des forces armées nationales, alors que la Tchétchénie est devenue, de fait, un Etat indépendant avec son propre président, ses frontières et son armée. L’accord a mis fin à la première guerre de Tchétchénie », raconte Litovkine.

La nouvelle étape des négociations a été reportée à plusieurs reprises. Après l’annonce de la prise de Slaviansk, le groupe de contact sur l’Ukraine a publié une déclaration sur la nécessité de prendre des mesures concrètes urgentes pour le règlement pacifique de la crise, et d’organiser une nouvelle série de consultations au plus vite.

Situation à la frontière avec la Russie

Les gardes-frontières russes ont annoncé que des tirs de mitrailleuse proviennent régulièrement de la république autoproclamée de Lougansk, des obus atteignent souvent le territoire de la Russie. Vendredi matin, plusieurs obus ont ainsi explosé au point de contrôle Novochakhtinsk dans la région de Rostov. Il y a deux semaines environ, un garde-frontière russe avait été blessé dans des circonstances similaires.

D’après les témoins, l’une des mines a explosé sur la route, laissant un trou de 50 cm environ. Heureusement, aucun véhicule n’y circulait à ce moment-là et personne n’a été blessé.

Auparavant, les tirs sur le territoire ukrainien ont conduit à la fermeture de plusieurs postes de frontières russes. Aussi, la direction des frontières a suspendu le travail des points de contrôle Donetsk, Vesselo-Voznessenk, Kouïbychevo.

 

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