Ukraine : malgré la trêve, les tirs continuent

Malgré le lancement des négociations de paix à Donetsk et l’annonce d’un cessez-le-feu du 20 au 27 juin, les affrontements entre l’armée ukrainienne et les insurgés se poursuivent. Les militaires ukrainiens ont annoncé que le poste de contrôle de la Garde nationale dans le nord de Slaviansk avait été bombardé mardi dernier. Les représentants de la RPD, de leur côté, parlent d’un bombardement des civils et des infrastructures de la ville par les militaires.

Source : instagram.com/xcokpatx

« Aujourd’hui, entre 7h45 et 8h00, les séparatistes armés ont conduit une attaque au mortier au nord de la ville de Slaviansk, à proximité du village d’Ivanovka. Des militaires des Forces armées ukrainiennes et de la Garde nationale ukrainienne sont déployés à ce poste de contrôle. Au cours du bombardement, deux militaires ont été blessés », a déclaré le secrétaire de presse de l’opération anti-terroriste Vladislav Seleznev.

Il a déclaré que la veille, les insurgés avaient également abattu un hélicoptère Mi-8 à Slaviansk, les neuf militaires à bord de l’appareil ayant péri. Les représentants des insurgés ont confirmé cette information.

Accusations mutuelles

Kiev et le Sud-Est s’accusent régulièrement de violation de la trêve. Le pouvoir annonce que les insurgés ont bombardé plusieurs postes de contrôle de l’armée ukrainienne, tandis que les représentants des insurgés dénoncent des attaques contre Slaviansk et ses environs.

Les représentants de la République populaire de Donetsk ont informé qu’au cours des négociations de paix, un char ukrainien avait ouvert le feu sur les voitures sur l’autoroute, huit combattants ont été blessés. Les militaires ont également bombardé l’enceinte de la mine Privolnianskaya, blessant deux employées de l’entreprise et en tuant une autre. Au cours de l’attaque, la sous-station a été détruite, l’évacuation d’eau s’est arrêtée et les mineurs se sont trouvés menacés d’inondation.

Ce n’est pas la première attaque contre l’économie du Donbass depuis le début des opérations militaires. Samedi soir, des inconnus ont fait sauter le chemin de fer de Donetsk, un train de marchandises a déraillé. Personne n’a été blessé, mais le train et la voie ferrée ont été considérablement endommagés.

Lors de sa rencontre avec le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, le président ukrainien Petro Porochenko a proposé de commencer à étudier des projets de collaboration germano-ukrainiens visant à restaurer l’économie de la région et à créer de nouveaux emplois. 

Négociations turbulentes

Auparavant, Porochenko avait présenté un plan de paix en 15 points qui prévoyait le désarmement des insurgés et la libération des bâtiments qu’ils occupent. En échange, il leur a proposé l’amnistie et un « couloir pour le départ des mercenaires russes et ukrainiens » (que Kiev accuse d’affronter les troupes ukrainiennes sur le territoire du Donbass). Le plan prévoyait également l’élargissement de l’autorité des organes de pouvoir locaux, des élections anticipées et un programme de création d’emplois dans la région. Le point politique clé pour les représentants du Sud-Est est « l’accord entre le président ukrainien et les parlements des républiques sur le projet d’acte constitutionnel définissant le statut des républiques populaires ».

L’expert militaire indépendant Victor Litovkine estime que les négociations à Donetsk sont du bluff de la part du gouvernement et que les opérations militaires reprendront pleinement après le 27 juin.

« Le plan de paix de Porochenko est rédigé sous la forme d’un ultimatum, ce qui est tout à fait inacceptable pour le Sud-Est. Les auteurs des propositions le savaient, aussi les négociations de Donetsk ne sont qu’une tentative de jeter de la poudre aux yeux des lecteurs et des spectateurs », a-t-il déclaré.

Les experts militaires russes estiment que l’opération militaire de l’armée ukrainienne reprendra rapidement après la fin des pourparlers.

« Ils annonceront prochainement que les insurgés n’ont pas déposé les armes et l’Ukraine poursuivra les opérations militaires contre son propre peuple, contre la population russophone et les civils, victimes d’une guerre civile », nous a expliqué le directeur adjoint de l’Institut des recherches stratégiques Alexandre Khramtchikhine.

 

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