La presse russe du 27 mai sur les événements en Ukraine

Crédit : AP

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RBTH poursuit sa revue de la presse russe sur la situation en Ukraine.

Kommersant

Le quotidien Kommersant annonce que le président ukrainien élu Petro Porochenko se dit prêt à discuter de la décentralisation du pays. En outre, le journal informe que Porochenko a invité la Russie à s’impliquer dans la résolution de cette question, car « la stabilité dans l’Est de l’Ukraine est impossible sans implication de la Russie ». Toutefois, Kommersant souligne que la partie russe ne s’empresse pas de déclarer le nouveau président légitime et déclare qu’il est encore « trop tôt » pour parler d’une rencontre entre le président russe Vladimir Poutine et Petro Porochenko. Le quotidien explique à ses lecteurs que le nouveau président ukrainien a promis de bâtir un dialogue efficace avec les habitants du Donbass : Porochenko se dit prêt à garantir « la sécurité, la défense des droits privés des citoyens, notamment le droit d'utiliser librement la langue russe, y compris au niveau officiel » dans la région. Il étudie également la création d’un puissant système de décentralisation du pouvoir. Kommersant suggère, en tant que modèle de fédéralisation, que l’Ukraine pourrait s’inspirer de l’expérience du Danemark ou du Groenland, un Etat unitaire avec deux régimes commerciaux différents : le Danemark fait partie de l’Union européenne, le Groenland non. Les experts soulignent « qu’en théorie, il est possible d’établir deux régimes commerciaux au sein d’un seul Etat. Même si une telle construction peut paraître un peu artificielle, elle est possible ». Kommersant rappelle également que Petro Porochenko espère malgré tout pouvoir prochainement signer le texte complet de l’accord d’association de l’Ukraine et de l’Union européenne, dont la composante politique a été signée par Kiev et Bruxelles en mars dernier.

kommersant.ru

Nezavissimaïa Gazeta

Nezavissimaïa Gazeta écrit que « le gouvernement ukrainien a fêté la dernière élection présidentielle par des frappes aériennes et des bombardements massifs sur les territoires rebelles de l’Est de l’Ukraine ». Selon le quotidien, au moins 500 personnes ont péri au cours de l’opération punitive dans le Donbass et dans la région de Lougansk. Nezavissimaïa Gazeta estime que les opérations militaires devraient s’intensifier, car le nouveau président ukrainien Petro Porochenko a déclaré qu’il soutenait l’opération antiterroriste, mais demandait « un changement dans son format ». Nezavissimaïa Gazeta cite Porochenko affirmant que « l’opération antiterroriste doit être plus courte dans sa durée et plus efficace, elle ne doit pas s’étendre sur plusieurs mois, mais être achevée en quelques heures ». Pour le quotidien, cela signifie que Porochenko a donné son feu vert à l’utilisation massive des armes et des troupes contre ses concitoyens. « Il veut régler les problèmes et mettre fin au conflit qui l’oppose aux partisans de la fédéralisation du pays non par le biais de négociations, mais par la force », conclut Nezavissimaïa Gazeta. Contrairement à ses prédécesseurs, le nouveau président ukrainien est prêt à renforcer l’armée et à accroître ses effectifs, estime le quotidien. Le journal souligne qu’il s'en faudrait de peu pour sortir de la crise – il faut mettre fin aux opérations punitives et se mettre à la table des négociations avec les partisans de la fédéralisation. Toutefois, pour le moment, c’est la manière forte qui est privilégiée.

ng.ru

Gazeta.ru

Gazeta.ru annonce que l’Ukraine souhaite obtenir un milliard de dollars de la partie russe : Naftogaz est prêt à régler les livraisons de gaz, mais uniquement une fois que la compagnie russe aura réglé à l’Ukraine les 2,2 milliards de m3 de gaz stockés dans les réservoirs de Crimée. Selon Gazeta.ru, on dit en Crimée qu’il y a en réalité beaucoup moins de combustible dans ces réservoirs. En outre, le quotidien souligne que « le Kiev officiel refuse des négociations directes avec Moscou sans médiation des pays occidentaux ». De son côté, Moscou est prêt à négocier avec le pouvoir ukrainien, annonce le quotidien ; en outre, le gouvernement russe compte sur un dialogue constructif. Gazeta.ru cite le directeur de Gazprom Alexeï Miller qui a même déclaré que « la Russie était prête à faire des concessions sur la baisse des prix du gaz livré à l’Ukraine ». Il estime que cela pourrait être possible grâce à une réduction des taxes d’exportation. Cependant, poursuit le quotidien, la réduction ne fera pas l’objet de discussions tant que l’Ukraine n’aura pas réglé ne serait-ce qu’une partie de sa dette pour le gaz déjà livré. Gazeta.ru souligne que la situation est d’autant plus compliquée que la partie ukrainienne n’est pas parvenue à un consensus sur la question gazière.

gazeta.ru

 

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