La presse russe sur les évènements en Ukraine

La « table ronde d’unité nationale » s’est ouverte par une allocution d’Alexandre Tourtchinov (au centre). Crédit : Reuters

La « table ronde d’unité nationale » s’est ouverte par une allocution d’Alexandre Tourtchinov (au centre). Crédit : Reuters

RBTH a composé un panorama des réactions de la presse russe aux événements en Ukraine.

Kommersant

Le quotidien Kommersant analyse la situation économique actuelle du pays et explique à ses lecteurs que Kiev envisage de placer sur le marché des eurobonds, de 1 milliard de dollars dont le paiement sera garanti par l’agence américaine de développement international. Le quotidien rappelle qu’avant le changement de pouvoir en Ukraine, c’est la Russie qui aidait l’Ukraine dans son émission d’eurobonds : la Russie a racheté, fin décembre, des euro-obligations émises deux ans auparavant pour un montant de 3 milliards de dollars dans le cadre de l’accord de crédit, pour un montant total de 15 milliards de dollars. Actuellement, « Kiev est pratiquement incapable de couvrir le déficit budgétaire tout seul par le biais d’emprunts extérieurs, et les agences de notation évaluent la solvabilité de l’Ukraine comme limitée », alors que les organisations internationales prévoient une baisse de 5-7% cette année.

kommersant.ru

Dans un autre article, Kommersant décrit la première réunion de la « table ronde d’unité nationale » ayant eu lieu à Kiev avec la participation d’une quarantaine de représentants politiques. La plupart d’entre eux, remarque le quotidien, venaient de Kiev ou des régions de l’Ouest, et le Sud-Est du pays était très sous-représenté. La réunion s’est ouverte par la déclaration d’Alexandre Tourtchinov : « pour le nouveau pouvoir ukrainien, la région où habitent les citoyens, la langue qu’ils parlent et l’église qu’ils fréquentent n’ont pas d’importance ». Il a également souligné que Kiev était prête à dialoguer avec les régions. Alors qu'Alexandre Efremov, le député de Lougansk, vice-président de la fraction du Parti des régions a à son tour, rappelé que de nombreux habitants de l’Est considère le pouvoir actuel illégitime. Il a souligné la nécessité de la réforme constitutionnelle et a expliqué que « l’Est de l’Ukraine pourrait accepter la décentralisation et la fédéralisation sans le droit de se séparer du pays ».

kommersant.ru

Nezavissimaïa Gazeta

Nezavissimaïa Gazeta a également publié un article sur la première réunion de la table ronde pan-ukrainienne, organisée à l’initiative de l’OSCE dans l’objectif de régler la crise dans le Sud-Est du pays. Le quotidien souligne que les leaders des républiques auto-proclamées de Donetsk et de Lougansk, ainsi que les chefs des milices ont été invités à participer aux négociations, mais ont refusé. « Ils écoutent Moscou ; il sera, visiblement, impossible de régler la crise ukrainienne sans son aide », écrit le journal. Le quotidien cite des experts qui constatent la lassitude des représentants politiques européens à l’égard des évènements en Ukraine et les encouragent à régler le conflit au plus vite. Par ailleurs, les interlocuteurs du journal rappellent que « le monde connaît beaucoup d’exemples où les parties négocient pendant 30 ans, avec des victimes humaines tout le long ».

ng.ru

La rubrique « Avis de la rédaction » de Nezavissimaïa Gazeta propose l’article Pas de négociateurs. Même sourds et aveugles qui constate que l’un des principaux problèmes qui empêche la fin du conflit en Ukraine est l’absence de nouveaux leaders politiques. Idéalement, écrit le journal, cela devrait être « une personne disposant d’une grande autorité dans tout le pays et capable de le rallier. Mais il n’y a pas de héros national. Le devant de la scène politique en Ukraine est occupé par des politiciens du passé, des personnes dont la réputation est souvent loin d’être irréprochable, parfois carrément des personnages d’opérette ».

ng.ru

Vedomosti

Le quotidien Vedomosti, citant une source anonyme d’une des compagnies pétrolières européennes, explique que le président de Gazprom Alexeï Miller pourrait se retrouver sur la liste élargie des sanctions de l’Union européenne. Toutefois, raconte le quotidien, les partenaires européens de la compagnie ont réussi à faire exclure Miller de cette liste « sous prétexte que les sanctions compliqueraient considérablement la collaboration avec Gazprom ». Les représentants des principales sociétés pétrolières et gazières européennes se sont abstenus de tout commentaire.

vedomosti.ru

Gazeta.ru

Gazeta.ru a publié un article sur l’un des plus graves problèmes que doit affronter la Crimée aujourd’hui : l’approvisionnement en eau. Selon le quotidien, Simferopol et Kiev sont en pourparlers sur la reprise de l’approvisionnement de la péninsule en eau. Le quotidien souligne qu’il est peu probable que la péninsule trouve des sources alternatives d’eau qui pourraient entièrement remplacer le canal de la Crimée du Nord dans un avenir proche.

gazeta.ru

 

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