Moscou de nouveau privé de droit de vote par l’APCE

Source : APCE

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Jeudi dernier, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a décidé de suspendre le droit de vote de la délégation russe jusqu’à fin 2014 suite au rattachement de la Crimée à la Russie. En outre, les parlementaires russes ne pourront pas être représentées au sein des instances dirigeantes de l’Assemblée ni participer à des missions d’observation des élections. Toutefois, l’APCE n’a pas opté pour la suspension complète des pouvoirs de la délégation russe et s’est limitée à des sanctions dites douces.

En signe de protestation, la délégation russe a décidé de quitter la session du printemps, néanmoins, la Russie ne précipitera pas sa décision de quitter l’Assemblée.

La Russie est privée de droit de vote pour la deuxième fois depuis son adhésion. La première fois, cela s’est produit en 2000 suite à une opération anti-terroriste en Tchétchénie.

Les relations ne sont pas encore rompues

Avant le vote, le chef de la délégation russe, président du Comité des Affaires internationales de la Douma russe Alexeï Pouchkov a déclaré que la Russie et l’APCE traversaient une crise des plus graves et la rupture de toutes les relations était extrêmement probable.

Toutefois, une fois que l’APCE a pris sa décision, Pouchkov a souligné que Moscou ne précipitera pas sa décision de quitter l’Assemblée. Il a déclaré que « les décisions sur le coopération entre la Russie et l’APCE seront prises par Moscou dans les semaines à venir ».

Il a également souligné que les propositions les plus extrémistes à l’encontre de le Russie n’ont pas trouvé de soutien.

« Toutefois, l’APCE a adopté l’amendement N°7 qui stipule que la délégation russe ne pourra voter ni participer aux instances dirigeantes du Conseil de l’Europe. Nous estimons qu’il s’agit d’une grave violation des droits de notre délégation et d’une raison suffisante pour la délégation russe de s’interroger sur la participation future dans les activités de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe », a déclaré Pouchkov.

Moscou pourrait réduire sa contribution financière à l’APCE

« Nous n’allons pas claquer la porte, j’estime que cela ne serait pas judicieux. Mais nous ne pouvons rester indulgents face aux tentatives de réduire au silence les hommes politiques ou les journalistes russes, notamment par des restrictions de visas ou la suspension de pouvoirs. Il faut comprendre qu’une guerre d’information est en cours, et dans cette guerre d’information, toutes les voix, surtout les voix des hommes politiques, qu’ils soient respectés ou peu respectés, dans les institutions européennes comptent énormément. Aussi, c’était important pour nous de conserver notre voix », a déclaré Leonid Kalachnikov, premier vice-président du Comité des Affaires internationales de la Douma russe, dans un entretien en direct à Kommersant FM.

Igor Morozov, membre du Conseil de la Fédération et de la délégation russe à l’APCE, propose de répondre à la restriction des pouvoirs par la révision de la contribution financière russe à l’APCE. « Cette décision à notre encontre est inacceptable, j’estime que revoir notre contribution financière à l’Assemblée serait une réponse équilibrée », a déclaré Morozov depuis Strasbourg dans un entretien téléphonique avec RIA Novosti.

Le sénateur a souligné que la contribution russe actuelle est « la plus importante » et a proposé de la limiter suffisamment pour que « l’APCE le ressente ». « Ce serait juste, parce que, dans les faits, actuellement nos plus ardents adversaires politiques vont en Ukraine à nos frais », a-t-il déclaré.

Cependant, le sénateur estime que la Russie doit poursuivre sa collaboration avec l’APCE, même au niveau le plus « basique » - dans les couloirs et les commissions. « Nous devons faire entendre nos positions sur l’Ukraine et la Crimée, ne serait-ce qu’auprès des commissions de travail ou dans les couloirs », est-il convaincu.

Mikhaïl Remizov, président de l’Institut de la stratégie nationale, est plus radical : il estime que la Russie aurait dû rompre avec l’APCE depuis longtemps, car elle y est injustement critiquée depuis des années, et étudier la suspension de sa participation au Conseil de l’Europe ainsi que sa contribution financière correspondante.

L’avis de Remizov est partagé par Oleg Barabanov, directeur du département de la politique et du fonctionnement de l’UE et du Conseil de l’Europe, professeur de l’Institut d'État des relations internationales de Moscou. Il estime que la Russie n’a rien obtenu de son adhésion à l’APCE ni au Conseil de l’Europe. « En fait, la Russie a été attaquée par le Conseil de l’Europe et par l’APCE lors de la campagne en Tchétchénie… aussi je pense que c’est un format obsolète, ouvertement russophobe, qui ne nous apporte rien. Je pense qu’il serait approprié pour la Russie de quitter l’Assemblée parlementaire, mais aussi le Conseil de l’Europe dans son ensemble », a souligné l’expert.

Sources : RIA Novosti, Kommersant

 

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