Le transsibérien s'étend jusqu’en Corée du Nord

Cérémonie d'inauguration sur le terminal portuaire de Rajin. Crédit photo : RIA Novosti

Cérémonie d'inauguration sur le terminal portuaire de Rajin. Crédit photo : RIA Novosti

Les Chemins de fer Russes (RZD) ont inauguré le 22 septembre une ligne reliant la Russie au terminal portuaire de Rajin, en Corée du Nord. Un projet plus politique que commercial.

Le fameux transsibérien n’a été allongé que de 50km, mais c’est un tronçon peu ordinaire. Une incursion dans le pays le plus fermé du monde. Le président de RZD Vladimir Iakounine s’est personnellement déplacé pour l’occasion et a été accueilli par son homologue Jeong Gil Su, ministre des Chemins de fer de la RPD de Corée du Nord.

Il s’agit en effet de sortir le petit pays de son isolement complet : diplomatique et économique. En revitalisant un lien ferroviaire construit lorsque les deux pays partageaient la même idéologie communiste, Moscou signale aussi au monde entier, et au puissant voisin chinois en particulier, qu’elle redevient un canal d’influence en Corée du Nord.

Rappelons qu’à cause de la minuscule jointure (10 km) entre la Russie et la RPD, toute la région chinoise de Harbin est privée d’accès à la mer.

RZD et le ministère des Chemins de fer coréens ont conjointement investi 207,5 millions d’euros dans la reconstruction de la ligne (126,8 millions) et dans le port de Rajin (80,7 millions).

Une société commune, RasonKonTrans, a été créée pour opérer la ligne. RasonKonTrans a signé un bail de location des chemins de fer sur le tronçon Tumangang (ville située à la frontière avec la Russie) - Rajin avec le Ministère des Chemins de fer de RPD de Corée du Nord, pour une durée de 49 ans.

La reconstruction a concerné 54 km de voie ferroviaire combinée de rails 1435 (format nord coréen) et 1520 mm (format russe), des ouvrages d'art ont été construits : 18 ponts, 12 ponceaux tubulaires et trois tunnels d'une longueur totale de plus de 4,5 kilomètres. Des équipements modernes de signalisation, de centralisation, de blocage et de communication, ont été mis en place.

Le tronçon n’est pas destiné à transporter des voyageurs du transsibérien, mais des marchandises. À l’heure actuelle, le port de Rajin n’est équipé que pour transborder du charbon (à une capacité de 4 millions de tonnes par an).

Dans un second temps, Vladimir Iakounine estime qu’un terminal destiné aux containers sera construit. Il s’agit donc d’exporter du charbon russe vers la Chine via la Corée du Nord.

« C’est un projet essentiellement politique », admet en catimini un dirigeant de RZDStroi, la filiale de RZD qui a reconstruit la ligne. Présents lors de la cérémonie d’inauguration, une poignée de diplomates occidentaux partageaient entièrement cet avis.

« C’est évidement un geste positif qui signale le regain d’intérêt de la Russie pour cette région », confie un diplomate européen préférant garder l’anonymat. Reste à savoir si le voisin chinois verra un intérêt à acheter du charbon russe passant par cette voie.

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