Conflit syrien : la Russie débarque avec une solution clés en main

En appelant Damas à placer son arsenal chimique sous contrôle international, la Russie a mis en échec les plans de Barak Obama, qui n’était d’ailleurs pas sûr d’obtenir l’aval du Congrès pour lancer des frappes contre la Syrie. Il a donc fallu négocier avec Moscou, qui compte bien désormais dicter les règles du jeu. S’agit-il enfin d’un pas vers le règlement du conflit, ou simplement d’un tour de passe-passe pour gagner du temps ?

Comment éviter l'opération militaire

Éditorial

Vedomosti / 11.09

Personne ne veut d’intervention armée en Syrie, les États-Unis et leurs alliés pas plus que Moscou et Damas. Seuls les rebelles syriens et certains États du golfe Persique en ont besoin.

La proposition russe, jolie en théorie, est-elle réalisable ? Cela supposerait une coopération totale de Damas. Et ne résoudrait pas toute la crise syrienne.

Cependant, le projet permettrait à tout le monde de sauver la face. Pour l’heure, Moscou triomphe. Si les pourparlers aboutissent, ce sera une victoire de la diplomatie russe. Finalement, la Russie aura été cohérente sur sa volonté de régler pacifiquement le conflit en Syrie. 

Obama tombe dans tous les pièges de Poutine

Michel Bohm

The Moscow Times / 12.09

Le Président Poutine a tendu trois pièges à Obama. D’abord, la proposition de mettre sous contrôle international l’arsenal chimique de Damas. Mais sans intervention militaire, jamais Assad ne livrera ses armes.

Ensuite, le veto systématique à l’ONU permet à la Russie de présenter les États-Unis comme un « agresseur », ce qui est plus important pour Poutine que de mettre fin à des crimes de guerre.

Enfin, Moscou, de mèche avec Damas, pourrait être en train de provoquer une intervention, qui verrait les États-Unis s’enliser dans le conflit et les échecs militaires, tandis que les prix du pétrole s’envoleraient. 

La Russie vient à la rescousse

Boris Mejouev

Izvestia / 11.09

Tout ne fait que commencer. La Russie va devoir faire preuve d’une patience héroïque pour ne pas autoriser, sous couvert de contrôle international des armes chimiques, une occupation de la Syrie par l’OTAN. En se hissant au centre de la politique mondiale, la Russie fait grincer des dents ses innombrables détracteurs. Obama semble avoir accepté par désespoir.

Espérons qu’il résiste à ses conseillers cherchant à le convaincre qu’il vaut mieux attaquer la Syrie que d’accroître de manière si drastique le prestige de la Russie. C’est le début d’un travail compliqué pour gagner les faveurs de l’opinion internationale.

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