Après Chavez, le déluge ?

Crédit : PhotoXPress

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La mort du président vénézuélien a été accueillie avec gravité par un pouvoir russe qui veut souligner que les relations privilégiées entre les deux pays étaient surtout d’ordre économique, et non pas politique. Ni Vladimir Poutine, ni Dmitri Medvedev ne se sont rendus aux obsèques du « grand ami de la Russie » que fut Chavez. Mais la presse rappelle que le Kremlin avait beaucoup misé sur ce fidèle allié et évalue les pertes.

Des problèmes pour la Russie ?


Evgueni Arsioukhine

Komsomolskaya pravda / 06.03

Ni le président ni le premier ministre ne se sont rendus à ses funérailles, mais cela ne signifie pas que nous sommes indifférents. La Russie risque d’avoir de gros problèmes. Il est très probable que le successeur de Chavez commence à renier l’héritage de l’ancien président. La mort de Chavez est un puissant facteur déstabilisant. Les prix du pétrole risquent de chuter, ce qui est dangereux pour la Russie.

Pas sûr non plus que le nouveau pouvoir vénézuélien continue de nous acheter des armes. Si toute la région sombre dans la crise économique, nous aurons à faire face à un envol des prix du bœuf que nous achetons à plus de 20% à l’Argentine voisine.

L’anomalie Chavez

Fedor Loukianov 

GAZETA.RU / 07.03

Les relations entre la Russie et le Vénézuéla vont redevenir normales. L’exclusivité des années 2000, quand deux pays si différents étaient grands alliés, était une anomalie. Elle était causée par Chavez qui voyait en la Russie une version allégée de l’URSS et comptait utiliser son influence à ses propres fins idéologiques.

Moscou entretenait volontiers cette impression mais ne dépassait pas le cadre des affaires : tant que Caracas avait de l’argent, tout se passait bien. Mais quand les fonds ont diminué, l’enthousiasme russe s’est tari. Quelle que soit la nouvelle donne politique au Vénézuéla, la Russie perdra son statut de partenaire particulier.

Lourd héritage

Konstantin von Eggert

Kommersant.fm / 07.03

On chante aujourd’hui la gloire posthume d’un lieutenant-colonel qui laisse en héritage une inflation galopante, une économie stagnante, une bande de complices avec les poches bourrées de pétrodollars, et une idée brumeuse de la « révolution bolivarienne ». Ce bilan sera dressé par des gens moins charismatiques.

Pleurez, gauchos de tous pays ! Le chavizme meurt avec Chavez.

Ce sera bientôt le tour des frères Castro et du mythe de « Cuba, l’île de la liberté », et de la Bolivie et de l’ Équateur. L’Amérique latine passera aux mains de politiciens de droite et de gauche normaux, démocrates et qui ne se font pas passer pour des guides du peuple.

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