Cinq choses que les Britanniques ont découvertes grâce à la Russie

Russia Beyond (Musée Russe/Domaine public; Legion Media)
Quel est le point commun entre les mines marines et la crème au beurre? Pour les Anglais, ces deux éléments ont été «amenés» de Russie.

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Fourrures

George III, 1793; Reine Victoria, 1838

Lorsque les marchands anglais ont établi des contacts avec le Tsarat de Moscou au XVIe siècle, les fourrures sont rapidement devenues la marchandise la plus importante, la plus chère et la plus luxueuse qu'ils importaient des terres russes.

Bien sûr, les Anglais ne pouvaient pas chasser les zibelines, les écureuils, les renards argentés et les martres dans les forêts sibériennes, mais les Russes eux-mêmes ne le faisaient pas non plus. Les meilleurs chasseurs venaient des peuples indigènes. Les autorités russes locales recevaient leur tribut en fourrures, puis les vendaient à des marchands anglais.

Dans le pays de ces derniers, ces fourrures onéreuses et très chaudes étaient surnommées « l’or russe ». « Les fourrures fines, dont l’usage était limité par les lois sur le luxe et qui servaient de signe de position ou de rang, provenaient principalement des États baltes ou de Russie », a écrit l’historien britannique Edwin Rich.

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Mica

Un autre article de luxe exporté du pays était le mica, tellement associé au Tsarat de Moscou qu’il est devenu connu sous le nom de « verre de Moscovie » ou « muscovite ». Le mica est un minéral composé de cristaux qui peuvent être séparés en fines feuilles élastiques. Ainsi, le mica était utilisé comme substitut du verre, très populaire en Angleterre au XVIe siècle et dont la majeure partie, sinon la totalité, provenait de Russie.

Les Britanniques utilisaient la muscovite pour les vitrages des maisons, les vitres des voitures et des lampadaires, car le matériau tolérait bien les changements de température et ne se déformait pas. Le poète George Turberville, qui a visité la Russie en 1568, a admis que « même le verre ne pourrait pas vous donner une meilleure lumière [que la moscovite] ».

Caviar

Considéré comme la source du meilleur caviar noir, le béluga se trouve en abondance dans la mer Caspienne, où les pêcheurs iraniens et russes le chassaient bien avant que le caviar ne soit connu en Europe. Au Moyen Âge, cette denrée s’est toutefois répandue sur tout le Vieux continent, ainsi qu'en Angleterre – déjà en 1325, Édouard II a déclaré que les esturgeons étaient des poissons royaux, ce qui signifiait que tout esturgeon capturé n’importe où à proximité ou dans son royaume devait être livré à la table du souverain.

Néanmoins, le caviar n’était pas seulement aimé par la cour anglaise ; ce produit a également été exporté de Russie vers les Pays-Bas, l'Espagne, la France et d'autres pays. Rien qu’entre 1651-1653, le port d’Arkhangelsk (1233 km au nord de Moscou), comme l’a écrit le marchand suédois Johan de Rodes, a vendu plus de 320 tonnes de caviar.

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Mines marines

La guerre de Crimée (1853-1856) a été dévastatrice pour la Russie, tant sur le plan militaire que diplomatique. Cependant, l'un de ses épisodes s'est avéré vraiment glorieux pour l’équipement de l'armée russe. Moritz Hermann von Jacobi (Boris Jacobi), un ingénieur prussien au service de la Russie, est crédité d’avoir inventé les mines marines. Ancrées au fond de la mer, elles étaient reliées au rivage par un câble. La puissance de l'explosion était d'environ 14 kg de poudre noire.

En 1854, des marins de l’Empire russe ont posé 60 mines inventées par Boris Jacobi près des forts russes Pavel et Alexandre (Kronstadt) pour empêcher la flotte britannique d’attaquer le pays. Lorsqu’en juillet 1855 les Anglais ont approché de Kronstadt, quatre de leurs navires ont été endommagés par ces dispositifs, après quoi le vice-amiral Charles Napier a ordonné à sa flotte de battre en retraite et a refusé d'attaquer la ville de Vyborg et la forteresse Sveaborg. La flotte impériale russe est ainsi devenue la première flotte de l’histoire militaire mondiale à utiliser des mines navales non pas sporadiquement, mais comme élément d’une stratégie navale systématique.

Les mines navales russes sont restées les meilleures au monde jusqu'au début du XXe siècle. Pendant la Première Guerre mondiale, la marine de guerre des États-Unis et la « marine royale » de la Grande-Bretagne ont créé avec succès un champ de mines en mer du Nord, destiné à protéger les îles britanniques des bateaux et des sous-marins allemands.

Beurre et crème au beurre

Venant en Russie à la recherche de fourrure, de mica et de chanvre, les marchands anglais se sont familiarisés avec une façon inhabituelle de préparer du beurre. Produit en Russie en faisant fondre de la crème de lait, le beurre clarifié est devenu très populaire parmi les aristocrates anglais.

Jusqu’à présent, en Angleterre, il existe un produit appelé « beurre russe », mais il s’agit de crème au beurre cuisinée avec seulement deux ingrédients – du beurre et du lait concentré sucré, qui est en soi une invention russe.

Dans cet autre article, nous vous présentions ce que la Russie exportait autrefois, avant le pétrole et le gaz. 

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