Le programme de François Fillon présenté à Moscou

Thierry Mariani a notamment analysé l’impact qu’aurait l’élection du candidat de la droite sur les relations avec la Russie.

Thierry Mariani a notamment analysé l’impact qu’aurait l’élection du candidat de la droite sur les relations avec la Russie.

Erwann Pensec
C'est au sein du prestigieux MGIMO, l'Institut d'État des relations internationales de Moscou, qu'en ce lundi 27 février plusieurs soutiens de François Fillon sont venus défendre sa candidature à la présidentielle française.

Parmi les membres du parti Les Républicains présents lors de cette conférence figurait notamment Thierry Mariani, député de la 11ème circonscription des Français de l'étranger (recouvrant l'Europe de l'Est, l'Asie et l'Océanie et représentant 125 802 Français inscrits sur les registres consulaires) et ancien secrétaire d'État et ministre des Transports sous Nicolas Sarkozy.

Il était accompagné, entre autres, d'Alexis Tarrade, délégué Les Républicains Russie, d'Emmanuel Quidet, responsable du Comité de soutien Russie de François Fillon, ainsi que d'Alexandre Stefanesco et de Xavier Moreau, responsables médias LR Russie.

L'un des fils conducteurs de cette rencontre a été l'impact d'une éventuelle élection de François Fillon sur les relations diplomatiques franco-russes.

Si sur le dossier de la Crimée les intervenants se sont montrés plutôt frileux, Thierry Mariani s’étant limité à affirmer que la « priorité actuelle est à la résolution du conflit dans le Donbass », ils ont clairement exprimé la volonté du candidat de mettre fin aux sanctions économiques contre la Russie.

Confirmant le désir de François Fillon « de se rapprocher de Moscou, et par la même occasion de se défaire de l'influence américaine », Alexandre Stefanesco a par ailleurs insisté à maintes reprises sur l'héritage gaulliste dont est empreinte la ligne politique du candidat.

La conférence s'est d'ailleurs achevée sur une citation du Général, prononcée par Emmanuel Quidet : « Dans l'ordre politique, l'apparition certaine de la Russie au premier rang des vainqueurs de demain apporte à l'Europe et au monde une garantie d'équilibre dont aucune puissance n'a, autant que la France, de bonnes raisons de se féliciter ».

L'auditoire n'a pas été avide de questions, les intervenants n'ayant pas eu le temps de répondre à chacune d'elles. Très critique à l'égard de ses adversaires politiques, la délégation a cependant, ici aussi, fait face à des interrogations sur l'« affaire Fillon », que Felix Porret, responsable Jeunes Républicains, n'a pas hésité à qualifier de « campagne odieuse et vaine » menée par le Parti socialiste. L'indépendance des médias français, la sécurité et la position de François Fillon sur des sujets tels que le mariage pour tous et l'avortement ont   également soulevé des interrogations.

À neuf semaines du premier tour des élections, Les Républicains semblent très soucieux de cultiver leur différence en termes de relations avec la Russie, comme le confirme la visite réalisée par Jean-Pierre Raffarin au MGIMO en fin de journée.

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