Le bureau des droits de l’homme de l’Onu ferme ses portes à Moscou

Selon l’ambassadeur russe auprès de l’Onu, le bureau ferme après avoir rempli sa mission dans le pays.

Le bureau russe de l’Office des droits de l’homme de l’Onuà Moscou ferme ses portes. L’office a rempli sa mission et n’a plus lieu d’exister, a déclaré l’ambassadeur russe auprès des Nations unies Alexeï Borodavkine, cité par RIA Novosti. « Nous remercions le Bureau de nous avoir apporté son aide en matière des droits de l’homme. Et avec nos remerciements, nous lui demandons de mettre fin à sa mission. Nous n’y voyons rien d’extraordinaire ni anormal », a-t-il souligné.

Le Bureau existait en Russie depuis 2006 et travaillait sur des projets dans le domaine de la défense des droits de l’homme : programmes éducatifs, assistance aux organisations de la société civile, notamment aux organisations non-gouvernementales à but non lucratif (ONG), coopération avec des centres de recherche scientifique.

Cependant, les projets lancés en collaboration avec le bureau de l’Onusont désormais achevés ou peuvent l’être sans la présence de l’office à Moscou, assure l’ambassadeur. L’office ne devrait pas reprendre son travail en Russie, ni changer de format.

Borodavkine a précisé que la fermeture du bureau permettrait d’économiser des ressources qui, « à notre avis », seraient plus utiles pour la mise en œuvre des programmes de l’Onudans d’autres pays, alors que le partenariat pourrait être poursuivi sans représentation de l’office à en Russie.

Cet avis ne fait, cependant, pas l’unanimité. Dans un entretien avec RBTH, Alexandre Tcherkassov, membre du conseil d’administration de l’association internationale de défense des droits de l’homme Memorial, a déclaré que « nous renonçons dans les faits à avoir un repère ». Tcherkassov explique que les structures de l’Onune sont pas les plus efficaces concernant la Russie. La Cour de Strasbourg l’est beaucoup plus, car ses décisions sont contraignantes.

Mais le Bureau du Haut-Commissariat de l’Onu constituait une sorte d’indicateur : « Son principal mode de fonctionnement porte sur des rapports réguliers concernant le respect de telle ou telle convention, l’étude de ces rapports par les instances spéciales de l’Onuet des recommandations sur la manière de corriger la situation. L’objectif est donc de faire en sorte que les pays qui se sont engagés dans des conventions spécifiques les respectent effectivement. On ne peut pas dire que la Russie y ait vraiment mis du sien ».

Il estime que fermer le bureau au motif que « tout va bien » est à priori un mauvais choix.

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