Vers la privatisation des deux principales banques russes ?

Le ministre du Développement économique Alexeï Oulioukaïev et la présidente de la Banque centrale de Russie Elvira Nabioullina.

Le ministre du Développement économique Alexeï Oulioukaïev et la présidente de la Banque centrale de Russie Elvira Nabioullina.

Alexander Astafiev/RIA Novosti

Privatiser les plus grandes banques du pays – Sberbank et VTB –, telle est la mesure proposée par le ministre russe du Développement économique Alexeï Oulioukaïev lors d’un déplacement à Pékin, rapporte l’agence Interfax. La proposition sera prochainement soumise au gouvernement. 

Ce n’est pas la première fois que le ministre évoque la nécessité de revenir à la question de la privatisation des deux banques en question. Il avait notamment soulevé cette initiative lors du Forum économique Gaïdar qui s’est déroulé du 13 au 15 janvier dernier à Moscou. D’après le ministre, l’un des objectifs de cette mesure est d’obtenir une capitalisation supplémentaire de ces établissements. 

Rappelons qu’en septembre 2012, la Banque centrale de Russie a vendu 7,6% des parts de Sberbank, ne conservant que le bloc de contrôle (50% plus une action). Toute privatisation ultérieure privera la Banque centrale de son contrôle. En outre, la part de l’État dans le capital de la banque VTB est de 60,9%. Or, le gouvernement avait approuvé dès 2013 un projet de privatisation de cette dernière, prévoyant la réduction de la part de l’État au bloc de contrôle d’ici 2017. 

Cependant, Alexeï Oulioukaïev a souligné qu’il était prématuré d’évoquer les éventuels délais de privatisation des banques en question, cette mesure exigeant des amendements à la législation. 

Cité par le quotidien RBC, le vice-ministre des Finances Alexeï Moïsseïev a fait de son côté remarquer que les sanctions occidentales compliquaient la privatisation : « J’ai du mal à comprendre quels investisseurs étrangers pourraient s’intéresser à des banques visées par des sanctions »

« Je ne comprends pas non plus comment la moindre action supplémentaire d’une organisation visée par des sanctions peut être émise dans l’espace public. Du point de vue de la violation des sanctions, ce genre d’augmentation de capital aura des conséquences pour tous les détenteurs des actions en question », a-t-il rajouté. 

L’analyste Alexander Plygalov rappelle sur les pages du quotidien d’affaires Vzgliad l’importance des deux établissements financiers. « Sberbank et VTB sont actuellement les principales sources d’injection de liquidités dans l'économie via les réserves d'État que sont le Fonds de réserve et du Fonds du bien-être national, chacun doté de près de 80 milliards de dollars », souligne-t-il.

Il précise que dans un contexte de sanctions (absence d’accès aux crédits des banques et organisations financières occidentales) et de taux d’intérêt à deux chiffres proposés par les banques commerciales, il s’agit d’une source importante de liquidités à l’échelle de l’économie du pays.

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