Les étendards de la Garde impériale russe à Paris

Crédit : Maria Tchobanov

Samedi dernier, les étendards des régiments de la Garde impériale russe ont été exposés à l'Hôtel d'Estrées, la résidence de l'ambassadeur russe à Paris. Un événement organisé à l'occasion du 90e anniversaire de l'Union de la Garde, l'association des officiers des anciens Régiments de la Garde impériale russe.

« C'est la première fois que votre Union est rassemblée chez elle – dans les murs de l'ambassade impériale russe. Autrefois, vos grands-pères et vos pères venaient ici et aujourd'hui vous êtes les bienvenus », a déclaré l'ambassadeur Alexandre Orlov aux descendants des officiers de la Garde impériale russe, venus assister à la fête solennelle des quatre coins du monde.

L'Union a été fondée en décembre 1924 par le général Wrangel, réunissant de nombreuses associations de régiments de la Garde impériale, créées par les officiers russes qui s'étaient retrouvés en dehors de Russie après la Grande guerre. A l'époque, une grande partie d'entre eux espéraient encore retourner en Russie pour combattre les bolcheviks.

L'Association a repris la devise « Pour la Foi et la Fidélité !« inscrite sur l'ordre impérial de Saint-André Apôtre fondé par Pierre le Grand. Cet ordre est aujourd'hui à la fois un ordre dynastique de la famille impériale Romanov en exil, et le premier ordre de l'actuelle Fédération de Russie.

Avec le temps, l'espoir de rétablir la monarchie en Russe s'est éteint, et l'Union s'est concentrée sur les efforts de sauvegarde des traditions du corps des officiers de la Garde impériale et le travail de mémoire. A partir des années 1930, une Commission d'histoire militaire fut créée auprès de l'Union. Dans le cadre de ses réunions, les membres des associations régimentaires ont réalisé des exposés consacrés aux actions menées par leurs détachements aux moments précis de la guerre. Les plans des opérations militaires ont été établis dans l'ordre chronologique, en commençant par la mobilisation en juillet 1914. Tous ces témoignages, ainsi que les essais et mémoires rédigés par les officiers de l'Union sur la révolution, la guerre civile et l'exode à l'étranger de la Garde blanche, ont permis de cumuler et de préserver les informations uniques sur une période de l'histoire russe qui fut longtemps négligée par les historiens soviétiques.

Le 30 décembre 1999 s'est éteint à Paris le dernier représentant de la Garde impériale russe, le lieutenant du régiment de la Garde Grenadierski Alexandre Kondratovitch. Pourtant, l'histoire de l'Union de la Garde continue. Les enfants et petits-enfants des officiers ont pris le relais en renommant l'organisation en Société pour la mémoire de la Garde impériale. Elle est présidée depuis 2003 par le prince Alexandre Troubetskoï. En 2014, à l'initiative des membres de cette Société, les fonds nécessaires ont été réunis pour concevoir et ériger à Moscou un monument aux soldats et officiers morts lors de la Première Guerre mondiale (aucun autre mémorial n'avait été dédié aux participants de cette guerre dans la capitale russe auparavant).   

Comme auparavant, seuls les descendants des officiers de la Garde peuvent adhérer à l'organisation, Alexandre Troubetskoï étant convaincu que le statut de membre est uniquement réservé à ceux qui sont restés fidèles à la devise « Pour la Foi et la Fidélité ! ».

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