Le dialogue politique Russie-UE se poursuit

Début décembre, le Parlement européen a accueilli le huitième forum russe de discussion sur le thème « La deuxième Guerre froide va-t-elle s'enflammer ?". Pour les experts participant à la rencontre, la détérioration actuelle des relations entre l'Union européenne (UE) et la Russie résulte principalement des graves problèmes systémiques accumulés ces vingt dernières années.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères Grigori Karassine souligne que « tout a été fait pour mettre l'Europe sur une voie durable de partenariat et de prospérité […]. Les barrières qui divisaient le continent, symbolisées par le mur de Berlin, ont été levées il y a un quart de siècle ».

 Malgré tout, selon Grigori Karassine, les États-Unis et les autres pays occidentaux n'ont pas répondu aux appels de la Russie, qui voulait former un système de sécurité unifié, et continuent de diviser les États entre « les nôtres » et « les autres ». Cependant, « nous n'avons aucune raison de qualifier ce nouvel épisode des relations internationales de nouvelle Guerre froide », a dit Karassine.

Vladimir Tchijov, représentant permanent de la Russie auprès de l'UE, a fait part de sa vision des mesures concrètes à adopter en cette période difficile de confrontation sur la scène mondiale : « Dans la situation actuelle, le plus important pour les relations UE-Russie est que les deux parties ne se ferment pas l'une à l'autre, et qu'elles examinent honnêtement les causes de la dégradation de leurs relations, laissant de côté les griefs et les prétentions pour évoquer une véritable vision stratégique des priorités communes dans un monde en mutation permanente ».

Et d'ajouter : « La crise ukrainienne a mis en lumière les problèmes accumulés entre la Russie et l'Europe depuis des années. Dans le même temps, ils ont montré la voie à suivre ».

Globalement, la confrontation économique s'est intensifiée des deux côtés, bien qu'en réalité elle ne profite à personne. Selon Viatcheslav Nikonov, « les sanctions – c'est toujours se tirer une balle dans le pied. Nous le voyons encore aujourd'hui : les pertes sont visibles des deux côtés », analyse le président du fonds « Russki Mir » (Monde russe).

Résumant l'avis de tous les participants de cette discussion de deux jours à Bruxelles, M. Nikonov a déclaré que « la Russie et l'UE peuvent vivre chacune de leur côté », mais qu'il leur est « plus profitable de collaborer ».

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