Défaut de paiement grec : quelles conséquences pour la Russie ?

Crédit : EPA

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La Grèce n’a pas honoré un remboursement de sa dette au Fonds monétaire international (FMI), ce qui signifie qu’un défaut de paiement pourrait être annoncé après le référendum prévu le 5 juillet. L’économie russe est protégée contre une telle situation. Qui plus est, un éventuel retrait de la Grèce de la zone euro ouvrira de nouveaux horizons pour le développement des relations commerciales et économiques avec le pays, estiment les analystes russes.

Les autorités grecques n’ont pas honoré le 30 juin leur dette vis-à-vis du Fonds monétaire international. Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a confirmé que le pays ne paierait pas l’échéance de 1,6 milliard d’euros due au FMI, a annoncé l’Agence France-Presse. Ce qui signifie que la Grèce se trouve en défaut de paiement. Les bourses russes n’ont pas réagi à la nouvelle.

« Le défaut de paiement de la Grèce n’étant pas inattendu, les investisseurs réagiront avec retenue, bien que négativement, affirme l’analyste Anna Kokoreva d’Alpari. Nous ne nous attendons pas à un effondrement du marché, mais une baisse sera inévitable. Les indices boursiers pourraient être rajustés de 2% à 3% ».

Les spécialistes s’attendent également au raffermissement du billet vert. « La volatilité générale de la monnaie et des titres russes augmentera, mais vu que l’affaiblissement du rouble a un impact positif sur l’économie russe, le défaut de paiement de la Grèce ne doit pas engendrer de conséquences négatives sérieuses », renchérit Elizaveta Bélouguina du broker russe FBS.

Le défaut de paiement de la Grèce pourrait provoquer une fuite des capitaux de Russie pour un certain temps, estiment les experts questionnés par RBTH. « Les investisseurs réduiront leurs risques, ce qui renforcera l’appétit pour les actifs moins rentables, mais plus sûrs », indique Anna Kokoreva.

« Notre économie n’est pas marquée aujourd’hui par une dépendance à l’afflux de capitaux, étant donné qu’en raison des sanctions, les marchés sont fermés depuis un an. Par conséquent, il ne faut pas redouter une grande pression ni une importante augmentation de la fuite des capitaux », précise de son côté Egor Soussine, expert principal de Gazprombank.

Nouvelle impulsion au développement des relations

Les analystes font remarquer que la procédure de défaut de paiement sera longue. La Grèce organisera le 5 juillet un référendum au sujet des propositions des créanciers. Si les réformes sont approuvées à la majorité des voix, la question de l’annonce du défaut de paiement sera levée pour un certain temps. Mais ce qui est bien plus important, c’est de savoir si la Grèce restera dans la zone euro. Les analystes de S&P estiment cette probabilité à 50%.

« La sortie de la Grèce de la zone euro simplifiera les relations commerciales entre les deux pays [la Grèce et la Russie, ndlr]. La nouvelle monnaie grecque sera faible, les articles seront bon marché. La réduction de la dépendance du pays face envers les créanciers étrangers pourrait influer positivement sur la politique étrangère d’Athènes vis-à-vis de la Russie », note encore Anna Kokoreva.

« Cela pourrait impulser la réalisation du projet Turkish Stream parce que si la Grèce se retire de la zone euro, elle coopérera plus volontiers avec les autres pays. Toutefois, il est impossible d’affirmer à coup sûr que la Grèce est vouée à quitter la zone euro », souligne Egor Soussine.

Selon lui, l’UE ne permettra sans doute pas le départ de la Grèce de la zone euro : un tel dénouement risque d’avoir des conséquences imprévisibles, le système financier grec s’élevant à plus de 1 000 milliards d’euros.

Or, un défaut de paiement pourrait replonger l’économie européenne dans la récession, ce qui se répercutera inévitablement sur les relations commerciales et économiques avec la Russie, l’un des principaux exportateurs et importateurs de l’UE.

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