Visa et Mastercard boycottent la Crimée

Crédit : Donat Sorokin / TASS

Crédit : Donat Sorokin / TASS

Le système international de paiement Visa a exigé que les banques russes suspendent le traitement des cartes bancaires sur le territoire de la Crimée. Visa justifie sa décision par un nouveau paquet de sanctions. Toutefois, les experts expliquent que les systèmes de paiement ne sont pas toujours techniquement capables de déterminer où sont réalisées les opérations par carte bancaire.

Le 26 décembre, Visa et MasterСard ont informé les banques russes de l’obligation de suspendre les opérations effectuées sur le territoire de la Crimée au moyen de cartes bancaires émises par les deux géants.

Visa a publié un court communiqué officiel à ce sujet, et a confirmé ne plus être en mesure de assurer l’émission et l’acceptation des cartes en Crimée, ni leur traitement par les guichets automatiques. « Conformément aux sanctions américaines introduites le 19 décembre 2014 à l’encontre de la Crimée par décret [de Barack Obama], Visa est actuellement dans l’incapacité de proposer ses services et produits en Crimée. Cela signifie que nous ne pouvons plus assurer l’émission et l’acceptation des cartes en Crimée, ni leur traitement par les guichets automatiques », informe le communiqué.

Une annonce similaire a été publiée dans la foulée par MasterCard.

Il semblerait que les nouvelles restrictions s’appliquent en premier lieu aux banques russes, les touristes russes étant les principaux utilisateurs de services par carte bleue. Selon les informations du ministère du Tourisme et des Stations balnéaires de la Crimée, la péninsule a attiré environ 3,5 millions de Russes en 2014. Le représentant de l’une des 10 plus grandes banques russes estime que « Visa renonce à un marché d’environ 2 millions de clients potentiels ».

Toutefois, un spécialiste du marché bancaire interrogé par le quotidien Kommersant explique que les banques russes ne seront déconnectées du système de paiement que si Visa parvient à déterminer que l’opération est bien effectuée en Crimée. « En réalité, les systèmes internationaux de paiement ne peuvent déterminer le lieu où est réalisée la transaction par carte bleue si les informations n’indiquent pas clairement qu’il s’agit de la Crimée, par exemple, dans le nom du détaillant », précise-t-il. « Cela signifie que dans la plupart des cas, ces systèmes ne peuvent ni bloquer les cartes émises par les banques russes en cas d’utilisation en Crimée, ni même contrôler si les banques respectent leur consigne ». Le spécialiste doute également que les banques qui ont pris le risque de travailler en Crimée suivent immédiatement la consigne de Visa.

Néanmoins, certaines banques russes se sont empressées d’informer leurs clients et conseillent d’utiliser de l’argent liquide pour les paiements sur le territoire de la péninsule.

L’interlocuteur de Kommersant représentant l’une des dix plus grandes banques russes estime « qu’à court terme, d’autres compagnies américaines (Google, Apple) devraient suivre l’exemple des systèmes internationaux de paiement ». Il estime par ailleurs que dans tous les cas, cela permettra d’accélérer la création du Système russe de cartes bancaires, afin de ne plus dépendre des compagnies étrangères sur le marché intérieur.

 Article complet (en russe) disponible sur le site de Kommersant

 

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