La pauvreté et la hausse des prix préoccupent les Russes

Crédit photo : Ria Novosti / Maxim Blinov

Crédit photo : Ria Novosti / Maxim Blinov

La pauvreté et l'inflation sont les thèmes qui inquiètent le plus la société russe, selon un sondage du holding Romir publié hier.

Cette préoccupation, beaucoup plus importante qu’en 2005, contraste avec les statistiques officielles sur le ralentissement de l'augmentation des prix et la hausse des revenus.

Les experts de Romir expliquent ce paradoxe par le maintien, en Russie, d'un grand groupe de citoyens aux revenus insuffisants ou instables, écrit jeudi le quotidien Nezavissimaïa gazeta.

La dernière fois qu’un tel sondage sur les problèmes économiques et sociaux avait été réalisé, c’était en 2005. En septembre 2013 le holding Romir a de nouveau interrogé les Russes sur ce sujet et il en ressort que la pauvreté de la population, l'inflation, la corruption et les problèmes liés aux services communaux sont les problèmes qui inquiètent le plus les Russes.

Il y a huit ans, la population était surtout sensible aux problèmes de chômage, de toxicomanie et de criminalité.

En huit ans, la part des Russes qui s’inquiètent de la faiblesse de l’Etat est passée 18 à 26%. La perception du problème de l'immigration a aussi considérablement changé : si en 2005 cette question ne se posait même pas, aujourd'hui un Russe sur cinq (19%) est inquiet à ce sujet.

La part des Russes préoccupés par les problèmes interethniques en Russie a quadruplé, passant de 3% en 2005 à 12% en 2013.

Les statistiques officielles évoquent un ralentissement significatif de l'inflation, parallèle à l'augmentation des revenus réels et des salaires.

Dans ce contexte l'inquiétude concernant l'inflation et la pauvreté pourrait paraître insensée. Les sociologues ont leur explication : « La majeure partie de la population ne connaît aucune augmentation de revenus. Leur niveau de vie ne change pas pour le mieux. Actuellement, près de 40% des familles russes produisent elles-mêmes la moitié de leurs produits alimentaires en élevant des poulets, du bétail, et en allant à la pêche pour survivre. La part de ces familles n’évolue pratiquement pas depuis des années », explique Andreï Milekhine, président du holding Romir.

Les experts d'autres centres sociologiques rejoignent certaines conclusions de Romir.

« En dépit de la dynamique positive dans les statistiques officielles sur l'inflation et les salaires, la population se souvient de l'époque de prospérité avant août-septembre 2008. A cette date la vie de beaucoup de Russes a brusquement changé - et pas pour le mieux », rappelle Dennis de Jong, directeur exécutif d'UFXMarkets.

Selon lui, la crise mondiale a mis en évidence la faiblesse des gouvernements nationaux comme en Grèce, en Irlande, au Royaume-Uni ou en France.

« Ces sondages montrent la faiblesse de l'Etat face aux problèmes intérieurs mais surtout, sa grande dépendance face aux événements dans le monde, sur lesquels il n'a aucune influence », analyse Dennis de Jong.

Cette inquiétude sur les prix et la pauvreté peut s'expliquer par un écart significatif entre les revenus des pauvres et des riches, ainsi que la différenciation et l'augmentation naturelle des exigences sociales de la population, déclare Narek Avakian, analyste chez Aforex.

L'expert explique l'inquiétude de la population à cause des médias, qui parlent de plus en plus souvent des perturbations et d'instabilité, et pas seulement en Russie.

Certains sociologues doutent pourtant que l'inquiétude liée à l'inflation et la pauvreté ait tellement augmenté. Seule la hausse des tarifs des services communaux reste vraiment préoccupante pour les Russes, selon Lioudmila Presniakova de la Fondation opinion publique (FOM).

Source : RIA Novosti

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