Tver accueille les entreprises

Fin juin, le IIe Forum international des investisseurs pour la région de Tver s'est tenu à Tver et a réuni plus de 300 participants. Crédit photo : Iouri Sourine / jury-tver.livejournal.com/Tverigrad.ru

Fin juin, le IIe Forum international des investisseurs pour la région de Tver s'est tenu à Tver et a réuni plus de 300 participants. Crédit photo : Iouri Sourine / jury-tver.livejournal.com/Tverigrad.ru

La région de Tver est en passe de devenir la nouvelle Mecque pour les investisseurs étrangers. Fin juin, la région a organisé un forum des investisseurs où l'administration régionale et les entrepreneurs ont parlé problèmes économiques et ont échangé leurs expériences.

Récemment encore, la région de Tver, au nord-ouest de Moscou, était synonyme de coin complètement perdu, et ce en dépit du fait que la ville est située sur la route qui relie les deux capitales russes, Moscou et Saint-Pétersbourg.

En 2009, la part des investissements directs étrangers dans l'économie locale ne s'élevait qu'à 1,81 % et, selon l'estimation informelle d'un certain nombre d'automobilistes, les routes de la région étaient les plus abimées de la partie centrale de la Russie.

Il y a deux ans, le gouvernement de la région a changé. Le poste de gouverneur a été occupé par un ancien parachutiste, Andrey Chevelev. Et bien que l'on pouvait s'attendre à une politique conservatrice de la part d'un ancien militaire, la nouvelle équipe s'est engagée sur la voie de l'élargissement de la coopération avec les investisseurs étrangers. 

Cela a eu un impact positif sur les indicateurs régionaux. Pour l'année 2012, le taux de croissance de la production de Tver (2,6 %) représentait le triple par rapport au taux général russe. Le nouveau gouvernement régional s'est inspiré de la réussite de Kalouga qui, comme Tver, ne disposait pas de ressources en pétrole et en gaz.

« Au cours de la seule année 2012, nous avons reçu 155 demandes de la part des investisseurs potentiels. Chaque projet, même potentiel, reçoit un soutien large selon le principe de la fenêtre unique. La législation régionale nous permet de proposer aux investisseurs des terrains de construction préparés », explique Chevelev, en ajoutant que chaque investisseur peut le joindre sur son téléphone portable en cas de problème. 

Fin juin, le IIe Forum international des investisseurs pour la région de Tver s'est tenu à Tver et a réuni plus de 300 participants. Grâce aux accords conclus lors du forum, le nombre de projets d'investissement dans la région avoisine la centaine, pour un portefeuille global de quelque 5 milliards de dollars, annonce Chevelev.

Auparavant « les entreprises fonçaient dans les parcs industriels de Moscou, aujourd'hui tout a changé : les entreprises veulent s'installer à proximité de Moscou. C'est plus intéressant économiquement », explique Jürgen Vertz, directeur général de German Managment Group, spécialisé dans le développement des parcs d'activité.

La société est actuellement en pourparlers avec la région, car elle souhaite transférer une partie de ses activités à Tver. Hitachi, OTTO Group Russia, Knorr Bremse, etc. réalisent déjà des projets ici. Le géant industriel japonais, par exemple, prévoit de construire son usine d'excavateurs de moyen gabarit (les plus demandés sur le marché russe) à Tver dès l'automne prochain.

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« Nous cherchions depuis plus de deux ans, mais la décision finale s'est arrêtée sur Tver principalement à cause de l'excellente attitude de l'administration », a déclaré Sinosuke Isii de Hitachi Construction Machinery Eurasia à La Russie d'Aujourd'hui.

Tver mise sur la création de parcs industriels. Ce choix est forcé, explique Alexandre Menchikov, Premier ministre adjoint de la région de Tver. « Les contraintes d'infrastructure et les monopoles naturels continuent encore à peser sur la croissance économique », souligne-t-il.

Lors du forum, le gouverneur Chevelev a promis aux investisseurs de s'adresser au gouvernement fédéral afin de résoudre le problème de l'accès aux services des monopoles naturels.

Cinq ans après la crise de 2008, les routes de Tver n'ont pas connu d'amélioration significative. L'avantage évident de la région est sa position géographique. Mais à cause des bouchons et des mauvaises routes, les 160 km qui séparent Moscou et Tver peuvent nécessiter près de 4 heures de voiture.

Il est vrai que le TGV Moscou-Saint-Pétersbourg, le Sapsan, dessert Tver, ce qui réduit le temps de trajet à une heure et demie. La situation pourrait changer avec la signature d'un accord entre la région et les Chemins de fer russes (monopole d'État) RZD portant sur la création ici de centres de transport modernes.

Menchikov estime qu'avec la stagnation visible du marché européen, de nombreuses entreprises envisagent de s'établir sur d'autres marchés. La Russie est considérée comme ce marché potentiel par certaines entreprises. Les plateformes d'infrastructure préparées – les parcs industriels – présentent un avantage dans le choix du marché.

« Je ne peux pas dire que l'expérience de la région de Tver soit un succès. Nous essayons de synchroniser la création d’un parc avec la venue d'un investisseur phare », note-t-il en ajoutant qu'actuellement la région compte 4 parcs industriels et prévoit la création de 3 autres avant la fin de l'année prochaine.

Ces plateformes auront déjà un investisseur phare. L'administration attribue des terrains, construit des infrastructures, trouve l'investisseur phare qui attire d'autres entreprises et fournisseurs, et le parc lance l'activité.

Le forum est l'un des événements clé qui vient clore le programme de l'Année de l'Allemagne en Russie. Il a pour objectif de développer la collaboration entre ces deux pays en matière de réalisation de projets internationaux.

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