La concurrence s’intensifie sur la ligne Paris-Moscou, pas encore sur les tarifs

Internet haut-débit et téléphonie mobile seront bientôt disponibles sur tous les vols de Transaero. Crédit : Service de presse

Internet haut-débit et téléphonie mobile seront bientôt disponibles sur tous les vols de Transaero. Crédit : Service de presse

Internet haut-débit et téléphonie mobile seront bientôt disponibles sur tous les vols de la compagnie Transaero.

Dans les deux années à venir, presque tous les avions de Transaero offriront à leurs passagers la possibilité de surfer sur Internet et d’utiliser leurs téléphones mobiles. Pour l’Internet à haut débit, deux tarifications seront proposées aux passagers : un forfait horaire, et un forfait illimité. Le prix des communications mobiles sera quant à lui déterminé par les opérateurs de chaque passager. Pour l’instant, huit longs courriers desservant des destinations aux États-Unis et dans l’Extrême-Orient russe disposent des équipements nécessaires. En outre, les intérieurs des avions seront transformés dans toutes les classes.

Lors du salon du Bourget en juin dernier, Transaero a reçu le prix 2013 de « la meilleure amélioration », une récompense décernée par le Skytrax World Airline Awards. Cette organisation s’est basée sur des questionnaires remplis par les passagers de 200 compagnies appartenant à 160 pays. Aucune autre compagnie aérienne russe n’a jusqu’ici reçu cette récompense. En 2012, Transaero avait déjà été couronnée du prix Skytrax de la meilleure compagnie d’Europe de l’Est.

Ce n’est pas le seul classement flatteur de Transaero, qui figure régulièrement parmi les 6 compagnies les plus sûres d’Europe (d’après JACDEC). Entièrement privée, Transaero est la deuxième compagnie aérienne russe derrière Aeroflot en volume de passagers. Sa flotte compte 100 appareils, dont 38 Boeings 747 et Boeings 777, et compte le plus gros parc de longs courriers d’ex-URSS et d’Europe de l’Est.

La compagnie n’a pas le projet de desservir en direct d’autres villes françaises que Paris, mais des accords avec Aigle Azur permettent aux provinciaux venant des villes desservies par la compagnie française (Lille, Mulhouse, Lyon, Nice, Toulouse, Bordeaux) d’utiliser une correspondance à Paris. Côté russe, un tout récent accord de partenariat avec la compagnie UTair va multiplier les interconnections depuis l’aéroport moscovite de Vnukovo.

Jusqu’à l’été 2012, la concurrence sur la ligne Paris-Moscou était minimale, puisque les deux seules compagnies à voler en direct (Air France et Aeroflot) travaillaient « aile dans l’aile » grâce à des accords de partage de codes. Les deux compagnies sont membres de l’alliance SkyTeam. La situation pourrait changer car, selon le quotidien Kommersant, Aeroflot est mécontent des conditions imposées par les partenaires de SkyTeam (surtout venant de Delta Airlines) et envisage de rejoindre Star Alliance, l’union dominée par Lufthansa.

Transaero ne fait partie d’aucune alliance et sa stratégie ne prévoit pas d’en rejoindre. La concurrence n’a donc aucune raison de diminuer sur la ligne Paris-Moscou, mais rien ne garantit une guerre des prix. L’accord intergouvernemental ne donne ni à Transaero ni à son partenaire Aigle Azur la possibilité d’augmenter la fréquence de leurs rotations, qui sont actuellement réduites à un vol quotidien. Air France et Aeroflot ont chacune cinq rotations par jour. Pour augmenter la rentabilité de la ligne, qui affiche un taux de remplissage très élevé, Transaero parie donc sur la montée en gamme de ses services.

« L’avantage compétitif de Transaero est lié au fait que ses avions volent sur la ligne Moscou-Paris au départ de deux aéroports différents : Vnukovo et Domodedovo [Sheremetyevo est utilisé par Air France et Aeroflot]. Vnukovo est le plus moderne des trois aéroports civils de Moscou. C’est aussi le plus proche du centre ville »,  dit Dmitri Stoliarov, le premier adjoint du directeur général de transaero.

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