La compagnie aérienne Sibir sera privatisée

Source : service de presse

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Le gouvernement russe envisage de vendre sa participation de 25,5% dans la troisième compagnie aérienne de Russie, Sibir (qui opère sous la marque S7 Airlines). Comme l'a appris Kommersant, les transporteurs aériens européens partenaires de Sibir au sein de l'alliance Oneworld pourraient être intéressés par le rachat, ainsi que des sociétés du Moyen-Orient.

Vendredi, l'agent de l'Etat chargé de la privation de la minorité de blocage de Sibir, Alpha Bank, a annoncé qu'il acceptait les demandes jusqu'au 18 avril. Les enchères sont fixées au 25 avril. Le prix initial du paquet est de 1,1 milliards de roubles (27,7 M EUR). L'appel d'offres est fermé aux compagnies dont la part de l'Etat dans leur capital statutaire ou celui de l'entité contrôlante est de plus de 20%.

La compagnie aérienne Sibir est basée à l'aéroport Tolmatchevo de Novossibirsk. Elle fait partie du Groupe S7 (comme la compagnie aérienne Globus) et est membre de l'alliance aérienne mondiale Oneworld. 71,3% des actions appartiennent au Groupe de compagnies S7, dont les propriétaires sont les époux Natalia et Vladislav Filev. En 2012, le Groupe de S7 a transporté 8,29 millions de passagers, occupant la quatrième place en termes de trafic parmi les compagnies aériennes en Russie. Sibir a transporté 6,3 millions de passagers. Le parc du groupe S7 se compose de 51 appareils. Le réseau comprend 83 destinations vers 26 pays, dont 41 à l'intérieur de la Russie.

Une source proche des organes de l'État a confié à Kommersant qu'en plus des époux Filev, les prétendants possibles à l'achat du paquet pouvaient être les partenaires européens de Sibir au sein d'Oneworld (par exemple British Airways), des sociétés du Moyen-Orient, ainsi que des compagnies low-cost cherchant à investir le marché russe. Des négociations préliminaires ont déjà eu lieu avec un certain nombre d'entreprises. L'acquisition du blocage peut constituer un ticket d'entrée sur le marché russe, estime la source de Kommersant. Pour 36 millions de dollars, l'investisseur reçoit une minorité de blocage dans l'un des plus grands transporteurs nationaux, ce qui suffit pour participer aux affaires du propriétaire majoritaire tout en ayant la possibilité de gagner de l'argent sur un marché russe en pleine expansion. British Airways n'a pas répondu aux questions de Kommersant.

La source de Kommersant a déclaré que les « bénéfices de Sibir selon les normes comptables russes pour 2011 avaient atteint 733,5 millions de roubles (18,5 M EUR). Avec une bonne gestion, ce résultat pourrait être encore plus élevé ». Cette même source n'exclut pas que le paquet puisse intéresser des investisseurs financiers étrangers ou russes. Ils pourraient acheter le paquet de l'Etat dans le but de le revendre à l'avenir aux Filev. Parmi les compagnies aériennes russes, Transaero et UTair pourraient également répondre présent, a poursuivi la source.

Le gouvernement cherche à vendre les actions de Sibir depuis 2001. En 2006, les actions de la compagnie aérienne ont été inclues dans le plan de privatisation. Le ministère de Transport proposait d'inclure les parts de l'État dans le capital statutaire d'Aeroflot, qui était alors derrière Sibir sur le marché intérieur. Cependant, le ministère du Développement économique avait mis son véto. Les enchères fixées en décembre 2006 avaient été repoussées, et en mars 2007, la vente n'avait pas eu lieu en raison de l'absence de candidats : ces derniers avaient été intimidés par le prix de départ de 96 millions de dollars (75 M EUR).

« Aucun intérêt particulier pour le paquet n'avait été noté, parce que sa taille ne permet pas de participer aux questions stratégiques et à l'activité d'exploitation du transporteur », a déclaré le directeur général adjoint de la société d'investissement Région, Anatoly Khodorovsky. Selon lui, « l'acquisition serait possible afin de consolider ultérieurement la compagnie tout entière ». Il se peut qu'une structure financière russe en coopération avec un partenaire occidental s'occupe de la capitalisation de l'activité de Sibir, mais avec la participation des actionnaires majoritaires.

Article paru sur le site de Kommersant le 25 mars 2013.

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