Une collaboration qui a de la trempe

L’usine Sambre-et-Meuse dans le Nord-Pas-de-Calais. Source : Service de presse

L’usine Sambre-et-Meuse dans le Nord-Pas-de-Calais. Source : Service de presse

Le constructeur russe de maté-riel ferroviaire a repris en 2010 l’usine du nord de la France qui poursuit sa fabrication de pièces pour wagons et locomotives après avoir échappé à la faillite.

Durant les quatre dernières années, près de 900 usines françaises ont dû cesser leur activité. Et c’est ce qui attendait l’usine Sambre-et-Meuse de Feignies, à 100 km de Lille.

Dans les années 80 et début 90 cette usine prospérait : 2 400 employés, des dizaines de milliers de tonnes d’acier, des clients comme les métro de Paris, Londres, Singapour et les sociétés Bombardier et Alstom.

Mais, petit à petit, avec la mondialistaion et la domination du marché de l’acier par la Chine, l’Inde et la Turquie, les clients se sont tournés vers d’autres fournisseurs.

Au début des années 2000 Sambre-et-Meuse s’est retrouvée au bord de la faillite sans  candidat à son rachat... jusqu’à l’arrivé du russe Uralvagonzavod en 2010, dont 100% d’actions appartiennent à l’État russe.

En 2010, le repreneur rachète la part majoritaire de Sambre-et-Meuse. Le montant du contrat est estimé à 20-30 millions d’euros, pour un chiffre d’affaire annuel de 15 millions. Le contrat était suivi par le bureau juridique international Hogan Lovells, dont le partenaire Xenia Legendre a précisé au journal Kommersant que plusieurs compagnies étaient visées par l’OPA (offre publique d’achat) d’Uralvagonzavod, et le choix s’est arrêté sur Sambre-et-Meuse.

Ce qui a déterminé l’issue est l’expérience de l’usine française dans la fabrication de pièces en acier et sa collaboration avec de grosses sociétés comme Schlumberger, Bombardier, Alstom, LAF, MAN et Rolanfer.

La reprise a donné à Uralvagonzavod la possibilité de travailler avec Caterpillar et de s’introduire sur de nouveaux marchés européens, explique le directeur général de la société russe, Oleg Sienko, au journal Kommersant.

Dès le rachat, Uralvagonzavod a entamé une restructuration de la production. « La collaboration entre les spécialistes russes et français a débouché sur un plan de modernisation de l’usine Sambre-et-Meuse dont l’objectif est la relance et l’accroissement de la force de production », a précisé à La Russie d’Aujourd’hui le service de presse d’Urarlvagonzavod.

Cela implique de gros investissements. Le service de presse de l’entreprise indique qu’Uralvagonzavod a  déjà investi plus de 35 millions d’euros dans le développement de l’usine Sambre-et-Meuse.

Les Russes veulent continuer à « investir dans les entreprises françaises, créer des emplois, contribuer à mettre en place un dialogue entre les entreprises françaises et russes pour favoriser le développement et la croissance dans les deux pays », lit-on dans le communiqué officiel d’Uralvagonzavod.

« Nous sommes satisfaits des résultats de la collaboration avec l’usine et désireux de continuer à établir les mêmes relations avec d’autres compagnies françaises, prioritairement dans les secteurs de l’acier, de la construction et réparation des wagons et des locomotives, des machines agricoles et celles de la maintenance des puits », poursuit l’investisseur russe.

En effet, à l’automne 2012, il était question de rachat par Uralvagonzavod du constructeur français de wagons ABRF Industries, qui était en difficulté à l’époque. La compagnie russe voulait y développer la fabrication de wagons téléscopiques et de porte-automobiles. Le montant avancé se chiffrait à 15-25 millions d’euros.

En acquérant deux divisions d’ABRF (Sambre-et-Meuse faisant précédemment partie d’ABRF), ce qui représente 60% des parts, le russe aura les moyens de  « consolider l’ensemble de l’entreprise ».

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