Septième jour : la première médaille d'or

Voir de ses yeux un champion remporter l'or olympique est un sentiment indescriptible. Ce jour-là règne une atmosphère absolument différente, elle ne ressemble pas à tous les autres jours de travail. Apparemment tout est pareil, tous remplissent leurs tâches habituelles, chacun doit atteindre ses objectifs classiques, mais le sentiment que c'est ce « jour X », vers lequel nous nous dirigions tous pendant ces dernières années, ne nous quitte pas.

Crédit photo : RIA Novosti

Au lieu de « salut », les employés et les bénévoles s'envoient la phrase « aujourd'hui est un grand jour ». Et la journée nous semble effectivement grandiose. Il y a un peu plus d'agitation, un peu plus de chaos, un peu plus de passion qui se transforme en étourderie (aujourd'hui, mes collègues ont régulièrement perdu quelque chose ou laissé leurs affaires dans des endroits divers). Mais tout cela conduit à un but. 

Avec la première joie viennent les premières déceptions. Tout gagner d'un coup est bien sûr impossible, et il n'y a que trois médailles. Des espoirs déçus, des interviews pleins de déconvenue, les visages soucieux des entraîneurs, les larmes dans les yeux des journalistes – tout cela fait autant partie des compétitions que les sauts de joie sur les podiums.

Il est toujours très curieux de voir des foules d'étrangers venues soutenir un champion potentiel. Ces personnes joyeuses, heureuses, décorées des pieds à la tête de leurs couleurs nationales et d'autres symboles du même genre, sont prêtes à geler dans le vent et à rester debout pendant plusieurs heures simplement pour crier ensemble, avec leurs compatriotes venus eux aussi à Sotchi, le nom de leur favori, puis entonner avec force leur hymne en embrassant des gens qu'ils ne connaissent pas et qui leur semblent désormais être leurs meilleurs amis.

En voyant ces émotions, tu comprends que tu ne travailles pas pour rien. Et tu comprends que les employés des hôtels destinés aux spectateurs vont avoir une nuit difficile.

Jusque tard dans la nuit, on rencontre ici ou là des groupes de supporteurs de tel ou tel pays, errant dans Krasnaya Polyana ou dans le cluster du bord de mer, agitant des drapeaux et poussant leurs cris de ralliement. Sous ma fenêtre, des Polonais ont jusqu'à l'aube crié en cœur et avec joie « Ka-mil-Stoch ! Ka-mil-Stoch! Ka-mil-Stoch », en l'honneur du nouveau champion rouge et blanc du saut à ski sur petit tremplin. 

Le McDonalds du centre de presse est, au milieu de la nuit, le lieu le plus populaire de tout l'énorme bâtiment, et de nombreuses personnes s'y rejoignent en file pour s'en éloigner tout aussi lentement avec une ou deux tasses de café et rejoindre leur poste de travail.

Les événements globaux imposent toujours d'oublier sommeil et repos, c'est pourquoi personne ne s'étonne plus lorsqu'à 3h30 du matin un journaliste dit à un autre « à demain ! Ou plutôt, à aujourd'hui... ou plutôt à dans trois heures », en poussant un long soupir et en sortant du bus réservé à la presse, et en y oubliant son carnet de notes. 

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