Un Prisonnier russe

Source : steinkis.com

Source : steinkis.com

TITRE : Un Prisonnier russe

AUTEUR : Mikhaïl Khodorkovski

ÉDITIONS Steinkis

TRADUIT par Veronika Dorman


Mikhaïl Khodorkovski, le plus célèbre des oligarques russes, ancien PDG du groupe pétrolier Ioukos, s’ajoute désormais à la liste, déjà longue de ceux, écrivains ou simples citoyens, que la prison et les camps ont inspirés.

Voilà dix ans que l’homme croupit dans les geôles russes ; d’abord condamné à huit ans de prison en 2005, il voit en 2010 un nouveau procès alourdir sa peine de six ans. Il prend la plume pour tenter d’analyser et de comprendre le comportement de ceux qui l’entourent dans l’univers carcéral, matons, mouchards, voleurs, jeunes toxicomanes oubliés par des familles déficientes.  

Le petit recueil publié par les éditions Steinkis à l’occasion du dixième anniversaire de l’arrestation, le 25 octobre 2003, de Khodorkovski, réunit dix-sept textes courts, sortes de vignettes rédigées à la sauvette après son travail dans les ateliers de la colonie pénitentiaire de Krasnokamensk, en Sibérie.

Mikhaïl Khodorkovski y trace le portrait de ses geôliers ou de ses codétenus s’attachant à illustrer ce qu’il a découvert en côtoyant des hommes que rien ne le prédestinait à rencontrer : même si ces hommes ont commis des actes répréhensibles, ils ne sont pas pour autant dénués de tout principe moral.

Ils sont même parfois prêts à payer très cher pour leur dignité. Ainsi plusieurs d’entre eux, condamnés pour des motifs injustes, préfèrent la prison à une liberté qui reposerait sur l’aveu d’un méfait qu’ils n’ont pas commis, tout comme l’auteur a refusé en son temps l’exil, préférant affronter la justice de son pays.

Leurs principes valent ce qu’ils valent, ce sont néanmoins des règles de vie sur lesquelles reposent l’honneur et la dignité de l’individu.

Et même si parfois certains d’entre eux « manquent de la capacité à lutter pour leur propre vie », ils peuvent soudain braver la peur pour refuser les mensonges, la délation, les petits arrangements que leur proposent des autorités obsédées par l’idée de « faire du chiffre » et qui piègent d’abord les faibles.

De sa prison Mikhaïl Khodorkovski livre un message explicite à la société : ce qui se passe derrière les barreaux est la réplique grotesque de ce qui se passe à l’extérieur.

Il la questionne aussi : « Et nous qui avons peur de défendre nos droits, qui nous adaptons en nous cachant derrière un masque de docilité ? Cette servitude ne finit-elle pas par devenir notre vrai visage ? Nous nous transformons progressivement en esclaves muets prêts à toutes les ignominies dès que l’ordre vient 'd’en haut'. »

« De quoi avons – nous honte toute notre vie ? Quand la conscience parvient-elle à triompher le la peur ? »

Il nous dit enfin que l’histoire des hommes est pleine de ces petits justes et que rien n’est jamais perdu tant que peut naître, et quel qu’en soit le prix, ce sursaut de fierté qui permet de braver la peur et de retrouver sa dignité.

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