Le goût de la Sibérie d’antan à Moscou

Crédit : RIA Novosti

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Les diners en ville, à Moscou, sont devenus beaucoup plus chics qu’avant, mais trouver un restaurant russe authentique avec une cuisine, une ambiance et un service de qualité peut encore s’apparenter à une traversée de la taïga.

Le restaurant Tchemodan a vu le jour après un voyage à Krasnoïarsk, en Sibérie orientale, de l’acteur Oleg Menchikov. Sur la photo, Oleg Menchikov. Crédit : RIA Novosti

« Tchemodan », la valise, semble avoir été littéralement téléporté du fin fond de la Sibérie. L’établissement va au-delà de tous les stéréotypes et propose des choses introuvables dans les restaurants tape-à-l’œil moscovites comme le Café Pouchkine ou le Turandot. Un goût de la vraie Russie profonde du XIXe siècle, pleine de généreuses portions de venaison, sanglier et poissons à chair blanche, sans parler des boulettes à la viande d’ours, des pilménis (raviolis) et de la vodka sibérienne.

Tchemodan est à deux pas de la cathédrale du Christ Sauveur, celle où les punkettes de Pussy Riot ont dansé, pour finir en prison (et en Sibérie). Mais en foulant le parquet du restaurant au mobilier pittoresque, on s’embarque pour un voyage en Sibérie sans quitter Moscou.

Ce « théâtre gastronomique » a vu le jour après un voyage à Krasnoïarsk, en Sibérie orientale, de l’acteur Oleg Menchikov, l’une des rares stars du cinéma russe célèbre en Occident. Menchikov, surtout connu pour sa performance éclatante dans Soleil trompeur (Nikita Mikhalkov) et le blockbuster Le Barbier de Sibérie, a découvert là-bas le Tchemodan original et a proposé au propriétaire de recréer l’établissement dans la capitale.

En Russie, le mot « tchemodan » (dérivé de l’ancien tatare pour « rangement d’habits ») est très évocateur, associé au long voyage, désiré ou involontaire. Aujourd’hui encore, l’expression « assis sur ses valises » est très prisée, rappelant à la fois l’attente des Juifs pour émigrer, dans les années 1970, et, plus sinistre, les coups à la porte au milieu de la nuit de la police stalinienne, pendant les purges des années 1930. Il y aussi « l’humeur de valise », qui décrit le désir d’être très-très loin.

Un repas à Tchemodan commence avec les classiques russes, le chtchi (soupe au chou) aux champignons et la salade Olivier (macédoine), mais le gibier sibérien, directement fourni par les chasseurs de la taïga, est l’attraction principale. Du pâté de lièvre et carpaccio de venaison, procédez au poisson blanc sibérien ou aux pilménis à la viande de cerf séchée. Les plus aventureux peuvent gouter le sanglier à la sauce crème-champignons ou les boulettes de viande d’ours.

Le meilleur accompagnement à toutes ces bêtes sauvages qui pourraient aussi, empaillées, décorer vos murs, est la « ierofeitch » au goût pur, une vodka russe traditionnelle avec du cumin, de l’anis et autres herbes et épices. Elle existe en plusieurs parfums fruités et permet de recréer de manière authentique l’expérience sibérienne. Les desserts aussi sont d’origine certifiée : une grande variété de confitures et de thés spéciaux, comme le « chèvrefeuille de Sibérie ».

Le service, à l’instar des photos nostalgiques en noir et blanc qui ornent les murs et des serveurs attentionnés et vêtus sobrement, est sérieux et raffiné. Le menu existe en russe et en anglais, et les prix sont dans la moyenne élevée pour Moscou. Entrée, plat et vodka, comptez 56-75 euros par personne.

Adresse : 25 Gogolevski Boulevard, Metro Kropotkinskaïa

Ouvert tous les jours de 12:00 à 24:00

Site: www.chemodan-msk.ru

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