La France et la Russie multiplient les partenariats fiables

Les contacts ont été aussi établis entre les participants en marge de la Rencontre. Crédit : Tatiana Chramtchenko

Les contacts ont été aussi établis entre les participants en marge de la Rencontre. Crédit : Tatiana Chramtchenko

Plus de cent représentants de villes et régions russes et françaises ont partagé leurs expériences de développement territorial lors de la 4ème Rencontre franco-russe de la coopération décentralisée à Nice.

La 4ème rencontre franco-russe de la coopération décentralisée vient de se terminer à Nice. Du 13 au 15 décembre, le Palais des Congrès Nice-Acropolis était l'espace de discussion et d'échange d'expériences entre la France et la Russie dans les domaines de l’innovation, l’urbanisme, l’attractivité culturelle et touristique. Plus de 40 délégations des deux pays ont participé à l'événement dont Ekaterinbourg, Volgograd, Nijni-Novgorod, Vologda, Togliatti, la République du Tatarstan et le kraï de l'Altaï du côté russe. La France a été représentée, entre autres, par les régions Champagne-Ardenne et Franche-Comté, les villes de Nice, Bordeaux, Angoulême, Chartres, Aix en Provence, Marseille et Strasbourg.

Nice n'a pas été choisie comme ville hôte de cette 4ème édition par hasard. Les relations entre Nice et la Russie datent de la fin du XVIIIe siècle, lorsque le Consul de Russie rendit visite au représentant du roi de France à Nice, en avril 1784. « La ville de Nice se considère un peu comme l’ambassade de Russie sur la Côte d’Azur », a avoué Rudy Salles, l'adjoint au maire de Nice, en accueillant les invités jeudi soir. « Les chiffres en témoignent : cette année, nous avons eu une augmentation de 17% des échanges entre Nice et Moscou. 40% des touristes russes qui viennent en France choisissent Nice ».

La 4ème Rencontre franco-russe s’est concentrée sur les thématiques de l’attractivité du territoire, du développement urbain et de l’organisation de grands événements culturels, touristiques et sportifs comme les JO de Sotchi 2014 ou la Coupe du monde de football 2018 en Russie. Le programme était composé de 4 ateliers et chaque orateur n’avait que sept minutes pour présenter sa ville ou région sous son meilleur jour, ainsi que pour parler de son partenariat franco-russe.

Un architecte du bureau d’architecture Wilmotte a réussi dans ce court laps de temps à présenter le projet de développement du Grand Moscou. Ce projet, dont le slogan est « rendre la ville plus agréable », prévoit de décentraliser l’agglomération moscovite vers la province, de développer les transports publics et de revaloriser les quartiers centraux en y aménageant des espaces verts. C’est l’auteur de ce projet, l’architecte Jean-Michel Wilmotte, qui a été choisi par la ville de Moscou comme consultant.

Sergueï Gradirovski, directeur de l’Agence de développement de Tomsk (Sibérie occidentale) a consacré son intervention au partenariat avec le Conseil régional de Lorraine. La ville russe s’est engagée récemment dans une coopération ambitieuse avec la France, notamment sur un projet de création d’un centre commun d’innovation technologique autour des universités et instituts de recherches locaux.

Le président du Conseil de Champagne-Ardenne, M. Jean-Paul Bachy, a parlé de son partenariat avec la région de Krasnodar, dans le cadre duquel une école gastronomique franco-russe a été inaugurée il y a quelques jours. Cette école créée sur la base de deux lycées français spécialisés dans l’hôtellerie et le tourisme, et avec la participation des  restaurants de la région, dont en particulier Les Crayères à Reims, va « développer les formations qui manquent en Russie, qu’il s’agisse de la problématique d’œnologie ou de cuisine », a expliqué M.Bachy. Les apprentis de la première promotion pourront mettre en pratique leurs connaissances pendant les JO 2014 à Sotchi.

Le vice-gouverneur du kraï de l’Altaï Mikhaïl Chetinine a parlé de sa coopération avec la communauté Franche-Comté dans le domaine d’œnologie. Depuis 2009, les cépages français traditionnels, comme le merlot ou le chardonnay, sont plantés en Sibérie sous la surveillance d’œnologues de Franche-Comté. « Cette année, nous organiserons la première dégustation de nos vins », s’est réjoui le vice-gouverneur.

L’intervention de M. Jean-Jacques Gsell, adjoint au Maire de Strasbourg en charge du Tourisme, a rappelé à l’auditoire l'arrivée des fêtes. Cette année, dans le cadre de la coopération avec Moscou, la ville de Strasbourg va ouvrir son fameux marché de Noël dans la capitale russe. Le 23 décembre 2012, 20 chalets traditionnels d’Alsace seront installés sur la Place du Manège de Moscou pour inviter le public russe à gouter d’authentiques pains d’épice et du vin chaud (le dernier n’étant pourtant encore autorisé par la Mairie de Moscou).

Certains partenariats se sont également dessinés au cours des ateliers. C’est le cas du kraï de l’Altaï et des Hautes Pyrénées qui ont démontré un vif intérêt à établir des échanges dans le domaine touristique. Des contacts ont aussi été établis entre les participants en marge de la conférence, dans des espaces de discussion libre, lors des déjeuners ou, simplement, dans les couloirs.

La Rencontre s’est terminée le samedi 15 décembre par l’inauguration de l’exposition Présence russe, Nice et la Côte d’Azur 1860-1914 au Musée Masséna. Des photos de la famille impériale des Romanov, une série de photos consacrée à la construction de la cathédrale orthodoxe russe Saint-Nicolas à Nice et des tableaux des peintres russes qui ont jadis habité à Nice ont été réunis dans trois salles au premier étage de la villa. L’exposition durera jusqu'à la mi-mars 2013.

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