Les écoles de commerce sortent du bois

Le « management » fait au-jourd’hui partie intégrante de la panoplie de l’enseignement supérieur russe dont les établis-sements répondent désormais aux normes internationales.

Image par : Natalia Mikhailenko. Cliquez sur l'image pour agrandir.

Les premières écoles de commerce russes ont fait leur apparition il y a vingt ans. Elles ont pullulé dans les années 90, dispensant un enseignement de qualité souvent douteuse. Certaines proposaient des programmes de 2-3 mois pour 20 000 - 30 000 dollars en faisant miroiter un diplôme du niveau Harvard. 

Désormais, le marché est plus mature et les établissements universitaires de gestion y sont revenus en force. L’Université d’État de Moscou, celles de Saint-Pétersbourg et de l’Académie de la fonction publique de Moscou représentent près de la moitié du marché.

Skolkovo se positionne comme un établissement d’élite. Il existe également près de 80 écoles privées certifiées. Les tarifs sont variables : de 4 000 euros pour les petites écoles privées à 67 500 euros pour Skolkovo. Mais aucune école russe ne détient de label international indicatif de la qualité de l’enseignement. 

Les étudiants sont à 78% des cadres ou cadres supérieurs. Selon les chiffres de l’association MBA russe, la moitié d’entre eux espèrent grimper dans la hiérarchie, 45% souhaitent accroître leurs compétences et 5% veulent créér leur propre entreprise.

Près de 10 000 personnes suivent une formation de « management ». Particularité russe : 80% des étudiants paient eux-mêmes leur formation. Leur entreprise n’est souvent même pas au courant, car leur démarche s’accompagne d’un désir de changer d’employeur. Souvent, ces personnes attendent de l’école l’équivalent d’un « business plan ».

Les étudiants considèrent l’argent dépensé comme un investissement et veulent savoir en combien de temps ils obtiendront un retour sur cet investissement et selon quelles modalités. Or, les enseignants affirment qu’il n’est pas vraiment possible de donner des garanties. Car cet investissement ne s’avère pas toujours rentable.

« Il vaut mieux suivre une telle formation si vous êtes déjà cadre. Si vous êtes au bas de l’échelle, c’est de l’argent jeté par les fenêtres », affirme le président de l’Association russe de l’enseignement des affaires, Sergueï Miassoedov. Et puis, l’« investissement » dans l’enseignement est toujours assez difficile à pronostiquer, note Miassoedov.

}

L’objectif principal d’une telle formation est de permettre à la personne de faire face à un changement de statut. Cas classique : celui d’un très bon ingénieur qui est nommé directeur adjoint d’une société et doit tout à coup assurer le côté administratif, la gestion du personnel et la stratégie de l’entreprise.

Les écoles de gestion offrent tout de même des données statistiques. Selon les chiffres de l’association MBA et du site de recrutement superjob.ru, 40% des diplômés de ces écoles de commerce connaissent une progression dans leur carrière dans les 2 à 5 ans après les études, et ce chiffre grimpe à 60% parmi les cadres spécialistes et cadres moyens. De plus, ils voient leur revenus grimper d’une fois et demie.

La formation en elle-même est pratiquement semblable à celle dispensée en Europe ou aux États-Unis tant au niveau du programme qu’en termes de la durée et du coût. Bien qu’il soit difficile d’établir une moyenne car les écoles sont nombreuses et variées, les établissements les plus cotés selon les critères internationaux se situent au niveau « intermédiaire supérieur ». Ce qui signifie qu’il n’y a pas d’équivalent de Harvard en Russie, mais qu’il y existe en revanche des établissements capables d’enseigner au même niveau que les bonnes écoles européennes.

À l’étranger, les employeurs restent pourtant méfiants à l’égard des diplômés des écoles russes. Cela est dû en partie au mauvais souvenir de ces écoles de commerce « sauvages » du début des années 90, explique un spécialiste du recrutement.

« À cette époque, beaucoup de « fausses » écoles ont discrédité l’enseignement russe et beaucoup d’entreprises étrangères se méfient par conséquent des diplômes russes », explique un responsable des ressources humaines de l’agence de recrutement Headhunter.

La Russie est aussi un pays où l’on peut littéralement « acheter » son diplôme. Rien que dans le métro, il n’est pas rare de voir un écriteau « diplôme » annonçant la vente de contrefaçons. Mais les choses changent et de plus en plus d’établissements mettent en place des formations conjointes avec des écoles européennes, donnant droit à un double diplôme.

La Haute École de management de Saint-Pétersbourg

 

C’est en 2007 qu’a été fondée, au sein de l’Université d’État de Saint-Pétersbourg (SPbGU), une Haute École de management, qui offre un large éventail de diplômes et de programmes : licence, mastère, doctorat, MBA, des programmes pour les dirigeants d’organisations sociales ainsi que des sessions de formation continue axées sur l’entreprise ou ouvertes sur l’extérieur. Au 1er septembre 2012, l’école comptait 1 200 étudiants et auditeurs libres. Tous les programmes de mastère sont en anglais et sont conformes aux normes européennes ECTS. En 2009, un double diplôme de MBA a été créé en partenariat avec HEC Paris. La réputation de l’établissement lui a valu en 2008 de devenir le seul représentant de la Russie comme membre à part entière de la Communauté des écoles de commerce.

Le 11 décembre 2012, lors d'une réunion du Conseil d'accréditation de l'EFMD, a été décidée l'accréditation à l'EQUIS pour 3 ans de la Haute Ecole de Managment de l'Université d'Etat de Saint-Pétersbourg.
EQUIS (European Quality Improvement System) est le principal système international d'évaluation de la qualité des écoles de commerce, établi par la Fondation européenne pour le management (Fondation européenne pour le management, l'EFMD).

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.