Le ministère russe de l’Environnement souhaite développer une matrice climatique mondiale

Les chercheurs analyseront les principaux paramètres climatiques pour l’ensemble du pays au cours des 10-20 dernières années. Crédit photo : RIA Novosti

Les chercheurs analyseront les principaux paramètres climatiques pour l’ensemble du pays au cours des 10-20 dernières années. Crédit photo : RIA Novosti

Le ministère de l’Environnement développera l’année prochaine une matrice climatique mondiale, ce qui permettra de prendre en compte un nombre sans précédent de facteurs climatiques pour chaque région et leur impact sur toutes les sphères de la vie, des terres cultivées jusqu’à l’air conditionné en été.

Avec l’aide des données de la matrice, le ministère souhaite calculer les effets du réchauffement climatique et des catastrophes naturelles, et donc clarifier l’influence du climat sur la mortalité et les économies régionales. L’interlocuteur de Izvestia au sein du ministère a déclaré que la nécessité de la numérisation des données climatiques est liée notamment à l’imprévisibilité croissante des événements naturels.

« Au final, on pourra définir les conditions de sécurité lors d’un changement climatique soudain. L’affaire, bien sûr, n’est pas tellement et pas seulement une question de réchauffement climatique, mais également de capacité d'optimiser l’économie, d’investir dans la prévention des accidents sur des bases scientifiques. Il sera possible de calculer précisément combien d’argent il est nécessaire de donner à une région, pour le désherbage par exemple. La matrice examinera presque tout : la morbidité, la mortalité, les sécheresses, les incendies, le déséquilibre écologique », a indiqué l'officiel.

Les chercheurs analyseront les principaux paramètres climatiques pour l’ensemble du pays au cours des 10-20 dernières années : la température, la pression barométrique, la vitesse du vent, l’humidité relative, la pluviométrie.

Ensuite, il faudra évaluer l’impact de toutes les situations d’urgence naturelle importantes et de comprendre comment le climat influence les objets naturels (par exemple, les massifs forestiers), la santé, les infrastructures (bâtiments, routes, pipelines, etc.), les systèmes énergétiques, les terres agricoles importantes.

Une partie essentielle du travail est la construction de la matrice climatique basée sur l’analyse. Il y aura plusieurs modèles de vulnérabilité liés à des objets différents du changement climatique. Ainsi il sera possible, par exemple, de compter comment s’accroit la mortalité de certains groupes sociaux en fonction de la sécheresse.

Ou encore de comprendre comment le climat affecte la propagation des maladies infectieuses et parasitaires, ou combien, sur un territoire défini, augmentent les dépenses énergétiques du fait des climatiseurs en été.

« Cette étude climatologique mondiale semble être une tâche impossible. Il faut prendre en compte de nombreux facteurs qui sont difficiles à corréler ensemble. Bien sûr, certains modèles peuvent être construits et on peut calculer théoriquement l’impact du climat sur d’autres indicateurs. Mais entrer autant de paramètres est irréaliste », critique Olga Shmeleva de l’Institut Severtsov des problèmes écologiques et du développement.

Néanmoins, le ministère de l’Environnement compte développer une matrice de travail, qui sera utilisée par différents départements, du ministère fédéral du Développement jusqu’aux ministères régionaux de la Santé.

Selon les mots de l’interlocuteur de « Izvestia » au ministère de l’Environnement, les scientifiques ont déjà développé des modèles théoriques pour la construction de la matrice, cela nécessite en premier lieu des programmeurs. Le travail nécessitera environ dix mois à l’exécuteur, les fonds alloués pourront s’élever jusqu’à 112 500 d'euros.

Article publié dans Izvestia.

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