Une marque infamante pour les ONG

Désormais, toute ONG russe recevant des financements étrangers et menant une activité reliée d'une manière ou d'une autre à la politique doit se déclarer « agent de l'étranger », l'indiquer sur toute ses publications et se soumettre à un contrôle plus strict de la part des autorités. Les premières concernées sont les ONG de défense des droits de l'homme, qui dénoncent une mesure répressive. Le Kremlin agite-t-il les vieux démons de l'ingérence américaine ?

En attendant les agents


Éditorial


Vedomosti, 21 novembre

Le règlement pour l'enregistrement des agents de l'étranger n'a pas encore été mis au point. Ceux qui sont d'accord pour « s'autodénoncer » n'ont nulle part où s'adresser pour l'instant. Les lenteurs administratives peuvent être utiles : le temps que le réglement soit achevé, la loi draconienne peut être adoucie. Sinon, les autorités risquent de se retrouver dans une situation ambigüe : il faudra fermer des organisations mondialement connues et poursuivre en justice leurs dirigeants. Il apparaîtra que Poutine lui-même s'est entouré d'ennemis de la Russie : au moins huit potentiels « agents » siègent au Conseil présidentiel pour les droits de l'homme.

La loi de « l'étoile jaune »

Andreï Kolesnikov


Gazeta.ru, 21 novembre

Cette loi détruit à la racine le milieu des ONG en Russie et le remplace par de « fausses » ONG, créées par le pouvoir pour imiter l'activité non-gouvernementale. L'application de la loi de « l'étoile jaune » en dira beaucoup sur notre pouvoir. Qui il n'aime pas. Dans quelle domaine il ne supporte pas la concurrence. Qui il envie. Quand aux citoyens, cette nouvelle loi ne leur facilitera pas la vie. Le gouvernement n'investit pas les lieux qu'abandonnent les défenseurs des droits de l'homme. Mais personne ne pense aux citoyens, une victime sacrifiée de plus sur l'autel du vieux mythe sur l'ingérence étrangère dans la vie politique russe. Qui, avouons-le, n'intéresse personne. 


Agents de washington


Alexei Moukhin

Nezavissimaïa gazeta, 19 novembre

La loi sur les ONG est d'une logique élémentaire pour tout pays qui se respecte. Désormais, les possibilités de Washington d'influencer la vie politique russe sont sérieusement limitées. Entretemps, après les élections présidentielles, les États-Unis sont dans l'urgence d'intensifier le financement de l'opposition en Russie. Certes, il y a un an, du haut de la tribune, la victoire semblait possible, à condition d'avoir les financements. Que l'opposition manque d'argent aujourd'hui n'est un secret pour personne. Les leaders, qui étaient jadis presqu'ouvertement entretenus par le contribuable américain, cherchent désespérément des nouvelles sources de revenus. 

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