Hossein et Lounguine au festival du cinéma d’Honfleur

Crédit : Maria Tchobanov

Crédit : Maria Tchobanov

Si vous voyez, à 9h du matin, une longue file d’attente devant un cinéma projetant un film de facture russe, tandis que dans un restaurant français traditionnel on vous offre un borsch et que, devant vous, passent en discutant tranquillement, Robert Hossein et Pavel Lounguine, vous êtes, sans aucun doute, dans la ville d’Honfleur.

Selon les premières estimations des organisateurs, le 20e festival du cinéma russe de Honfleur qui s’est achevé le 25 novembre a accueilli plus de 13.000 spectateurs.

Toute la semaine, le cœur de la ville de Honfleur a battu au rythme du festival, qui, depuis 18 ans, a lieu dans cette charmante localité sur la côte de la Manche. On fête cette année les 20 ans du festival, mais les deux premières années se sont déroulées dans le sud de la France, à Saint-Raphaël, qui avec le changement de pouvoir à la municipalité n’a pas souhaité prolonger son soutien à cette initiative.

Le maire de la ville d’Honfleur se rappelle, qu’au commencement de l’histoire commune de la ville et du festival du cinéma russe rappelle les scénarios de films russes. En 1995, Michel Lamarre, alors élu maire depuis peu, déjeunait avec ses amis dans l’un des nombreux restaurants de la ville. Derrière la table des invités étaient assis un groupe de Russes qui après avoir dégusté leur calvados semblaient bien tristes. « Quelques minutes avant minuit, comme cela arrive dans les contes des fées, ils m’ont invité pour un café et m’ont parlé des mésaventures du cinéma russe, qui n’a désormais plus de chez-soi. Et très rapidement, je leur ai offert d’héberger le festival dans notre ville, et aujourd’hui je ne regrette rien », raconte Michel Lamarre durant la cérémonie d’ouverture du jubilé du festival.

Le festival du cinéma russe d’Honfleur reçoit chaque année plus d’invités. Victime de son succès, il ne peut déjà plus faire face à l’afflux de visiteurs et sa présidente a invité le public, avant le début des projections, à écrire à la mairie de la ville une pétition pour que le festival puisse proposer une salle plus spacieuse. « Nous avons besoin d’une salle deux fois plus grande, il nous sera facile de la remplir », a assuré Françoise Schnerb, la présidente du festival.

Cette année, le jury était spécial : il était composé de représentants des jurys des années précédentes et était présidé par le réalisateur Jean Becker.

Le premier prix, le Grand Prix de la Ville d’Honfleur, est allé au réalisateur Viktor Chamirov, pour le film Voilà ce qui m’arrive, un film sur les aventures à la fois l’absurdes et banales dans les villes modernes d’un Moscovite prospère durant le réveillon du nouvel an.

Alekseï Gouskov, prix du Meilleur acteur. Source : Dominique Saint pour le Festival du cinéma russe à Honfleur

Le prix du public a été attribué au film du réalisateur Achim von Borries, 4 jours en mai, avec Alekseï Gouskov dans le rôle principale qui a remporté le prix du meilleur acteur. Comme l’a indiqué l’acteur russe, le film apporte le message que même dans les circonstances les plus extrêmes de la vie, comme la guerre, la « frontière ne se situe pas entre les nations, mais entre le bien et le mal ».

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