Nosfell et Klokochazia au pays de Pouchkine

Source : service de presse

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Souvent affublé du surnom d’« ovni musical » en France, Nosfell doit sa réputation d’artiste inclassable au monde imaginaire de Klokochazia qui entoure ses chansons et à sa langue, le klokobetz. Venu accompagner Philippe Decouflé qui présentait à Moscou son spectacle Octopus pour lequel il est chargé de la musique, Nosfell en a profité pour monter sur scène. Petit concert intimiste, en solo, au club Zavtra.

Nosfell a déjà quatre albums derrière lui, un opéra et un ballet. Crédit : Valery Archeno

L’artiste, aux origines berbères et italo-espagnoles, possède une ampleur de voix impressionnante et une gestuelle qui peut à la fois surprendre et amuser. « C’est sûr que je n’ai pas la posture du chanteur français classique », s’amuse l’artiste qui s’est laissé tenter par quelques acrobaties durant son concert. Tantôt perché sur une poutre tête en bas, tantôt debout sur une table. L’étonnement parmi son public moscovite circonspect était alors facilement perceptible. Et pourtant beaucoup sont allés naturellement à sa rencontre à la fin du concert, pour en savoir plus sur ce chanteur à la langue imaginaire et aux mimiques étranges. « J’ai ressenti une belle émulsion ce soir parmi tous ces gens qui ne me connaissaient pas, venus par curiosité. C’est ce que j’aime dans les concerts à l’étranger. La surprise, la découverte tant pour le public que pour moi », explique très simplement l’artiste qui n’est pas resté indifférent à la langue de Pouchkine, lui le passionné de linguistique. « La musique de la langue russe est fascinante, surtout lorsqu’elle est parlée par une femme, avoue Nosfell sourire aux lèves. La culture russe possède un imaginaire qui m’inspire beaucoup. »

 

Des voyages et des mots

 

Lorsque Nosfell voyage, il ne se contente pas d’observer les paysages, il écoute, analyse les langues locales. Et très souvent, il s’en inspire pour enrichir sa langue imaginaire à lui, le klokobetz. Un parler reçu comme un héritage de son père, polyglotte, qui avait d’étranges habitudes. « Quand j’étais enfant, il me réveillait parfois en pleine nuit pour que je lui raconte mes rêves, raconte Labyala, et alors que je savais à peine écrire, il me faisait faire des listes de mots que je ne comprenais pas. Après sa mort, j’ai créé un langage à partir de ces mêmes mots, un vocable, une syntaxe.C’était une manière de retrouver ces moments que je passais avec mon père. » Le chanteur a déjà quatre albums derrière lui, un opéra et un ballet. Autant de projets dans lesquels son monde imaginaire a toujours eu sa place pleine et entière. Aujourd’hui âgé de trente-cinq ans, Nosfell veut mettre entre parenthèse son univers de Klokochazia dans son prochain album. « J’ai envie de me sentir chanteur et de raconter les histoires des autres », conclut-il modestement.

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