Les coupoles orthodoxes détonnent dans le panorama parisien

Le projet présenté par Arch group comprend une petite église à cinq coupoles en pierre blanche, recouverte d'un toit de verre rappelant  Crédit : bureau Arch group

Le projet présenté par Arch group comprend une petite église à cinq coupoles en pierre blanche, recouverte d'un toit de verre rappelant Crédit : bureau Arch group

Le projet de construction d'un centre culturel spirituel russe en France est mis en suspens.

L'Intendance des biens du Kremlin a déclaré hier avoir demandé aux autorités françaises « de suspendre temporairement l'examen de la demande de permis pour la construction d'un centre spirituel et culturel orthodoxe à Paris ». Ce report fait suite aux critiques du projet émises par les autorités françaises. La Mairie de Paris considère que « l'architecture de l'église ne correspond pas à ce quartier inclus dans la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO ».

La décision de suspendre le processus d'approbation du projet de Centre culturel orthodoxe à Paris, qui devait avoir lieu le 29 novembre 2012, a été annoncée hier par l'intendance du président russe. « D'un commun accord des parties, on a entamé une phase d'amélioration du projet, afin qu'il réponde pleinement aux exigences liées à sa faisabilité technique, et s'intègre harmonieusement dans le paysage architectural unique », a déclaré dans un communiqué l'intendance du président de la Fédération de Russie.

Rappelons que l'idée de la construction d'une église orthodoxe dans la capitale française a commencé en mars 2010, lorsque la Russie a acheté pour 60 millions d'euros à la France une parcelle de 4.245 mètres carrés dans le 7ème arrondissement de Paris, sur le Quai Branly, afin de construire un centre spirituel et culturel orthodoxe. Selon les accords « le centre doit répondre non seulement aux canons traditionnels de l'Eglise orthodoxe russe, mais aussi respecter l'esprit des ensembles architecturaux des quais de Seine ». L'ensemble doit comprendre une église, un séminaire, une bibliothèque, ainsi qu'un centre de rencontres de la communauté russe, également destiné à familiariser les Parisiens avec la culture orthodoxe.

Au terme d'un concours international, qui s'est terminé en mars 2011, le projet de l'architecte espagnol Manuel Nunez et de l'agence russe Arch group a triomphé. Le projet présenté comprend une petite église à cinq coupoles en pierre blanche, recouverte d'un toit de verre rappelant un voile à la géométrie libre, qui donne naissance au mur de verre du complexe.

Cependant, le projet a suscité les critiques des autorités françaises. En février 2012, le maire de Paris Bertrand Delanoë a déclaré que « l'architecture du centre ne correspond pas à ce quartier inscrit dans la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO ». Selon M. Delanoë, « quand on a choisi la maquette du centre, on avait présente d'autres projets plus acceptables, dans lesquels on sentait une préoccupation pour l'harmonie de la ville et un respect pour le paysage parisien ». « J'espère que l'UNESCO, dans son rôle de garant de la préservation des quais de la Seine, prendra une initiative afin d'empêcher la délivrance du permis tant qu'on n'aura pas mené une expertise du projet avec la participation d'experts internationaux », a dit le maire.

Ces derniers jours, un accord a été obtenu entre les parties prenantes, après quoi le client - l'administration du Kremlin - a demandé un report du projet. « Le report fourni permettra de réaliser une réflexion supplémentaire et d'examiner de nouvelles propositions en vue de mettre rapidement le projet en conformité avec les exigences spécifiques qui lui étaient formulées », a déclaré hier l'administration. « Le problème lié à la construction du centre est purement esthétique et non politique », a indiqué à Kommersant une source au sine de la communauté orthodoxe parisienne. « L'insatisfaction du maire est tout à fait compréhensible, car ce geste architectural ne s'inscrit pas dans l'ensemble des quais de Seine ». Selon lui, il est probable que la Russie devra revoir l'ensemble du projet et changer d'architecte. Le Patriarcat de Moscou n'a pas commenté la situation.

Paru sur le site de Kommersant le  22 novembre 2012.

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