Le ministère de l'éducation remet au goût du jour les clubs d'amitié internationale

« Les étudiants ont commencé à se réunir selon leurs traditions culturelles, puis ont décidé d'inviter les autres jeunes à se joindre à leurs fêtes », a dit le recteur de la La Haute École d'Economie Iaroslav Kouzminov. Crédit photo : PhotoXpress

« Les étudiants ont commencé à se réunir selon leurs traditions culturelles, puis ont décidé d'inviter les autres jeunes à se joindre à leurs fêtes », a dit le recteur de la La Haute École d'Economie Iaroslav Kouzminov. Crédit photo : PhotoXpress

Dans le cadre de la stratégie de politique nationale mise en place par le gouvernement, les représentants du ministère de l'éducation et de la science de la fédération de Russie auraient proposé de créer des structures étudiantes internationales. Le ministère se réfère notamment aux clubs d'amitié internationale, aux conseils d'amitié et aux chambres de nationalités. Le ministère aurait proposé de coordonner ces organismes en mettant en place des conditions générales.

Cette proposition est déjà à l'ordre du jour du côté du ministère du Développement régional. Cette initiative est en lien avec le désintérêt qu’éprouve la jeunesse face à la vie du pays et à l'isolement de certains au sein des communautés ethniques.

D’après un interlocuteur du ministère, les jeunes qui sont exposés à des points de vue radicaux peuvent devenir des victimes des extrémistes religieux ou nationalistes. Ces derniers ne souhaitent pas entretenir des relations cordiales avec les représentants des autres nationalités.

Le concept de « club de l'amitié internationale » était apparu du temps de l'Union soviétique. À l’époque, ceux-ci existaient dans toutes les institutions pédagogiques ainsi que chez les pionniers. Leur but était de développer les relations internationales et interethniques au sein de la jeunesse.

Après la chute de l'URSS, cette initiative est tombée dans l'oubli avant de revoir le jour à la fin des années 1900.  Désormais, ce sont des organisations étudiantes indépendantes  destinées à améliorer les relations interethniques. Elles prennent des initiatives et  participent à la vie politique et sociale du pays.

Nos journalistes sont rentrés en contact avec différents représentants d'instituts supérieurs où de telles associations existent. C'est notamment le cas de l'institut national de relations internationales de Moscou (MGIMO), qui acueille depuis 2008 le conseil des amitiés, au sein duquel plus de 33 pays sont représentés.

Tamara Salnikova, directrice adjointe du département consacré aux étudiants étrangers porte un regard optimiste sur la création de tels conseils au sein des instituts d'études supérieures. « À mon avis, ces conseils sont absolument indispensables. Ils ont des activités variées, fédèrent différentes nationalités, prennent des initiatives et organisent des concours ».

L'université russe de l'amitié entre les peuples (RUDN) met également en place ce genre de programmes. Il existe ainsi un centre culturel international, qui prend des iniatives culturelles importantes, de la danse à la chanson en passant par des jeux. L'université accueille des étudiants issus de 146 pays du monde entier.

Goulnara Krasnova, vice-recteur de l'université des peuples au sein du département des relations internationales, soutient sa collègue du MGIMO et explique qu'une telle initiative aidera à gommer les frontières entre les étudiants issus de différentes nationalités tout en facilitant la connaissance des autres cultures.

« Bien-sûr, ces clubs permettront de lutter contre le racisme et le nationalisme. Notre université présente plus de 200 clubs internationaux. Les jeunes collaborent tous ensemble. Tout le monde se souvient, par exemple, de notre équipe de sport internationale. Nous organisons des semaines dédiées aux autres pays et des « visites d'ambassadeurs » grâce auxquelles les jeunes peuvent représenter leur pays. Pour connaître une nation et étudier sa langue, il faut une certaine compatibilité émotionnelle. C’est un facteur déterminant pour développer de nouveaux contacts et d’autres perceptions ».

La Haute École d'Economie, institut de recherche scientifique réputé, propose également ce genre de projets à travers leur « Chambre des nationalités ». Son recteur, Iaroslav Kouzminov, qualifie ce projet de bénéfique. « Les étudiants sont à l'origine de cette initiative. Ces derniers ont commencé à se réunir selon leurs traditions culturelles, puis ont décidé d'inviter les autres jeunes à se joindre à leurs fêtes, à des discussions et ainsi de suite. C'est très positif ; il me semble que ce système aide à lutter contre les regroupements nationaux »

Le recteur ajoute cependant que ces iniatives doivent venir des étudiants eux-mêmes et non pas émaner du gouvernement.


Texte original disponible en russe sur le site d'Izvestia

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