« Carnets de guerre »

Source : Service de presse

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Premier des trois « Carnets de guerre « tenus par Alexander Werth durant son séjour en URSS, Moscou, 1941 vient de sortir chez Tallandier. Le livre décrit l’atmosphère de la capitale soviétique durant le terrible été 1941, marqué par la bataille de Moscou et l’effondrement de l’Armée rouge au cours des premiers mois de l’opération Barbarossa.

Alexander Werth arrive à Moscou comme correspondant de la BBC le 3 juillet 1941, dix jours à peine après le début de l’invasion allemande. Il a quitté la Russie vingt-quatre ans auparavant, quelques semaines avant la prise du pouvoir par les bolcheviques en octobre 1917. Sans être communiste, Alexander Werth réalise en effet à quel point, en cet été 1941, alors que l’Allemagne nazie a conquis la plus grande partie de l’Europe et que seule la Grande-Bretagne résiste encore, l’URSS stalinienne est le dernier rempart, sur le continent européen, face au rouleau compresseur de la Wehrmacht.

Alexander Werth nous décrit l’atmosphère quelque peu irréelle de Moscou durant les premiers mois de la guerre. Face à la propagande soviétique qui minimise les défaites de l’Armée rouge, les Moscovites sont en proie aux rumeurs les plus fantaisistes. Et malgré la menace diffuse qui pèse, la vie continue : les théâtres, les salles de concert, les « parcs de culture et de repos », les restaurants sont pleins.

Quant aux rares correspondants de guerre étrangers, ils ne sont guère mieux informés que le reste de la population sur ce qui se passe au front. Les relations avec les officiels soviétiques restent compliquées : Alexander Werth montre bien la défiance qui entoure les représentants des « pays capitalistes » vilipendés il y a peu de temps et désormais alliés de l’URSS dans la lutte contre l’Allemagne nazie.

En septembre 1941, Alexander Werth a enfin l’occasion de se rendre sur le front, près de Smolensk, après plus de deux mois d’attente à Moscou. Son livre s’achève sur l’offensive allemande sur Moscou en octobre 1941. Alexander Werth quitte la ville alors que les détachements avancés de la Wehrmacht ne sont plus qu’à une trentaine de kilomètres de la capitale soviétique. À ce moment-là, la prise de Moscou semble inéluctable.

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