Russie et France en tête-à-tête

Jean-Yves Le Drian et Anatoli Serdukov. Source : Service de presse

Jean-Yves Le Drian et Anatoli Serdukov. Source : Service de presse

Le 31 octobre à Paris s'est tenue une réunion du Conseil de coopération franco-russe sur les questions de sécurité (CCQS), à laquelle ont participé les ministres russes des Affaires étrangères et de la Défense, Sergueï Lavrov et Anatoli Serdukov, ainsi que leurs homologues français Laurent Fabius et Jean-Yves Le Drian. Les négociateurs ont coïncidé sur le fait que presque aucune divergence n'oppose Moscou et Paris, à l'exception de la Syrie.

Les principaux thèmes abordés ont été les scénarios possibles en Afghanistan après le départ des forces internationales de la coalition en 2014, la lutte contre la piraterie, la situation au Moyen-Orient, ainsi que les moyens de résoudre le conflit syrien.

« Nous avons des positions très proches : nous ne voulons pas l'effondrement du pays, sa division selon le principe ethno-confessionnel, et la diffusion du terrorisme dans la région », a déclaré M. Lavrov commentant la situation en Syrie. Son collègue français a ajouté : « Nous divergeons parfois sur les évaluations de la situation, mais nous sommes d'accord sur le principal : notre objectif est d'éviter en Syrie un vide du pouvoir semblable à celui qui a régné un certain temps en Irak ».

« La Syrie est peut-être aujourd'hui le seul problème dans nos relations, cependant il y a des progrès sur ce dossier : on commence en France à réfléchir à ce que l'on peut attendre d'u pays touché par un conflit après le changement de régime », a déclaré à Kommersant le directeur de l'Observatoire franco-russe Arnaud Dubien. « Sur les autres questions, s'ils n'affichent pas une coïncidence complète des positions, Moscou et Paris ont au minimum des approches similaires ».

La preuve des bonnes relations entre la Russie et la France est et la coopération dans le domaine militaire. Celle-ci a franchi un cap crucial suite à la signature du contrat sur l'achat par la Russie de porte-hélicoptèresMistral. Un accord a été pour le moment atteint sur deux navires de ce type.

Le contrat de 1,2 milliards d'euros sur le Mistral a ouvert la voie à la signature d'autres accords. Ainsi, Moscou est depuis longtemps intéressé par les « fantassins du futur » FELIN, conçus pour les besoins de l'armée française par Sagem. Et cet été, le russe Rosoboronexport a annoncé avoir entamé, conjointement à la France l'élaboration d'un nouveau véhicule de combat d'infanterie, et qu'on lancerait dans un proche avenir la conception conjointe d'un nouveau véhicule de transport de troupes.

« Notre objectif est de trouver le plus possible de positions communes entre nos pays, qui sont amis », a indiqué Laurent Fabius, résumant la réunion. En réponse, Sergueï Lavrov a assuré que Moscou « appréciait fortement la position constructive de la France sur de nombreuses questions », y compris le soutien de Paris à l'idée d'une levée rapide du régime des visas avec l'UE.

Arnaud Dubien a assuré à Kommersant que lors de la présidence de François Hollande, les relations entre Moscou et Paris ne feraient que s'améliorer. « Ce n'est pas un hasard si le président a créé un nouveau poste de représentant spécial du ministère des Affaires étrangères pour les relations économiques avec la Russie et nommé à ce poste Jean-Pierre Chevènement, un ancien ministre de la Défense et de l'Intérieur, actuellement sénateur influent », indique l'expert.

Version complète de l’article sur le site de Kommersant.

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