Guerre ouverte contre l'opposition

Crédit : PhotoXPress

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Le militant d'extrême gauche Léonid Razvozjaev a été enlevé à Kiev par les services spéciaux russes alors qu'il s'apprétait à demander l'asile politique. C'est la première fois qu'une telle opération est montée dans un pays étranger. Léonid Razvozjaev affirme avoir été ensuite torturé et forcé à signer des aveux. Les autorités russes l'accusent d'avoir fomenté un soulèvement et d'avoir accepté le financement d'un député Géorgien.

Le dernier mot n'est pas dit


Editorial
Vedomosti, 25 octobre


Il est évident que malgré toutes ces preuves qui ne prouvent rien et qui ont été obtenues de manière illégale, le procès contre Oudaltsov aura lieu et sera public. Les autorités ont permi à Razvozjaev de raconter sa version des faits aux journalistes qui l'ont toute de suite publiée, ce qui laisse supposer qu'elles veulent un procès médiatisé et scandalisant comme celui des Pussy Riot. L'une des conséquences de cette nouvelle stratégie est l'élargissement des limites de ce que se permet le pouvoir. L'affaire des Pussy Riot s'est soldée par une limitation de la liberté de parole et de conscience. Reste à voir quelles seront les effets de l'affaire Oudaltsov.


Opposant = terroriste ?

Olga Kouzmenkova
Gazeta.ru, 23 octobre

Le comité d'enquête essaye de nous convaincre que Razvozjaev a eu une envie subite de faire amende honorable. L'histoire de Razvozjaev est sans précédents pour l'opposition russe. Même dans « l'affaire du 6 mai » (manifestation de l'opposition qui a fini en bastonade, ndlr), les services de sécurité se comportent de manière relativement civilisée, les suspects ont le droit de voir leurs avocats et personne ne se plaint d'avoir été torturé. Le cas de Razvozjaev ressemble moins à la poursuite d'opposants politiques que de suspects de terrorisme. Est-ce que désormais, pour le pouvoir russe, un militant de l'opposition est comme un terroriste ?

  A qui déssert le crime ?

 

 
Mikhaïl Rostovski
Moskovski Komsomolets, 26 octobre

Dans certaines situations, les services spéciaux des pays les plus démocratiques peuvent « oublier » les conventions internationales. Les États-Unis par exemple utilisent allègrement l'arrestation en territoire étranger. Je ne dis pas cela pour excuser nos agents, mais pour rappeler que les « arrestations extraordinaires » relèvent d'une « zone grise » du point de vue de la morale et du droit international. Ma question est la suivante : l'affaire Razvozjaev appartient-elle à la catégorie « la fin justifie les moyens » ou bien ressemble-t-elle aux « erreurs » des services américains sous Bush Junior qui attrappaient des citoyens innocents et les soumettaient à des traitements pas très humains.

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