Sofia refuse de financer « South Stream »

L'arrangement sera avantageux pour le camp bulgare, qui ne devra pas injecter de fonds dans un projet important stratégiquement, mais très onéreux. Crédit : AP

L'arrangement sera avantageux pour le camp bulgare, qui ne devra pas injecter de fonds dans un projet important stratégiquement, mais très onéreux. Crédit : AP

Du coup, la Bulgarie ne bénéficiera du droit de transit qu'à partir de 2030.

Le monopole d’État russe prendra également en charge les risques financiers supplémentaires, et devra rediriger les exportations en cas de demande insuffisante de gaz afin d’amortir les dépenses liées à la construction du pipeline. C’est ce qu’a annoncé l’agence bulgare « Novosti », se basant sur les révélations d’une de ses sources. Cette dernière a précisé que la partie bulgare n’avait pas les moyens de financer son segment du « South Stream ». Les travaux de construction devraient ainsi être cofinancés par les participants au projet (à hauteur de 30%) et les banques (70%). Gazprom a refusé de commenter ces déclarations avant la décision d’investissement finale, prévue le 15 novembre.

Cet arrangement sera avantageux pour le camp bulgare, qui ne devra pas injecter de fonds dans un projet important stratégiquement, mais très onéreux. Grâce à cet accord, la Bulgarie devrait régler son problème d’approvisionnement énergétique presque sans sortir d’argent de sa poche, tout en sortant gagnante d’un point de vue stratégique : avec ce gazoduc, l’importance du pays dans le secteur de l’énergie augmentera considérablement.

De plus, les principaux risques seront couverts par Gazprom. « Il est probable que le pipeline ne soit jamais construit. La demande d’énergie de l’Europe auprès de Gazprom n’augmente actuellement pas, et cette tendance risque fortement de se prolonger », estime Andreï Polichtchouk, analyste de la Raiffaisen Bank. D’après lui, le groupe russe devra rediriger ses exportations afin de rentabiliser les investissements dans le gazoduc, comme c’est actuellement le cas pour le « North Stream ». Et ce seront les pays de transit comme l’Ukraine et la Biélorussie qui souffriront le plus de cette situation. « Or, aucune mesure n’a encore été prise », ajoute Polichtchouk.

Le financement du segment bulgare n’aura pas un gros impact sur la situation économique de Gazprom. « Sur le coût global du projet « South Stream » qui est de 15 milliards d’euros, la partie bulgare ne représente qu’entre 1,2 et 1,5 milliard », indique l’analyste de « Troïka Dialog » Valeri Nesterov. D’après lui, la position de l’entreprise s’est considérablement renforcée ces dernières années : sa dette globale a baissé, et ce alors que ses bénéfices ont fortement augmenté. « La dette de Gazprom a chuté de 18,3 milliards de dollars pour passer de 42,8 milliards de dollars au deuxième trimestre 2009 à 24,5 milliards de dollars au premier trimestre de 2012 », explique l’analyste. Le géant russe n’aura donc aucun problème à prendre en charge 20 milliards de dollars.

 

Le projet « South Stream » a pour objectif de diversifier les voies d’exportation du gaz russe en Europe pour ne pas toujours passer par les mêmes pays, et surtout éviter l’Ukraine. L’entreprise chargée de la construction sous-marine du gazoduc est South Stream Transport AG, fondée en 2007. Ses actionnaires sont Gazprom, l’italien Eni, le Français EDF et l’Allemand Wintershall. Les travaux débuteront en décembre 2012, et les premières livraisons à travers le « South Stream » seront assurées en 2015. Le coût total du projet est évalué à 15,5 milliards d’euros.

L’intégralité de l’article est disponible en russe sur le site de RBC daily. 

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