Aristocrate d’un soir

Le 2 septembre à Moscou s’est tenu le Grand bal de clôture du festival international de la danse historique. Pour faire revivre l’atmosphère de la cour des rois et empereurs des 18ème et 19ème siècles, les participants ont joué le jeu en incarnant la haute noblesse et l’aristocratie de l’époque.

Crédit photo : Ioulia Zvereva

C’est au 18ème siècle, sur l’initiative de Pierre le Grand, que les premiers bals ont été organisés en Russie. En plus de la danse, ces soirées étaient des rassemblements mondains prétexte à tisser des liens commerciaux et à discuter d’affaires. Chaque année, le programme de danse évoluait, devenait de plus en pus varié et se structurait. La saison des bals durait pendant la période du carnaval, de Noël au Mardi gras, le reste de l’année les bals n’étaient organisés qu’à des occasions exceptionnelles.


Aujourd’hui, les bals ont surtout fonction de divertissement : un moyen de voyager dans le temps et de revivre l’époque des intrigues de cour, des gentilshommes et de s’essayer au rôle des héroïnes des romans de Tolstoï.

Depuis qu’il existe, le Festival de la danse historique s’est développé. Il a maintenant ses habitués, un vrai programme de danse et des ateliers. Elana Tarassova, organisatrice du festival raconte : « Cette année, nous avons décidé d’aller du plus simple au compliqué. Chaque atelier de danse est de plus en plus complexe au fur et à mesure. Nous exigeons tout de même aux participants de connaître les schémas de danse, les différentes figures et pas et de respecter les codes vestimentaires ».


Il faut souligner que le bal nécessite une certaine endurance. Plus de 30 styles de danses, plus de six heures sur le parquet, avec seulement deux pauses pour les interludes mondaine. Polonaise, galop, quadrille, valse, polka, mazurka, marche ne sont qu’un échantillon des danses représentées à cette soirée du Grand bal. Heureusement, les participants se sont préparés à cette performance en costumes et crinolines à renfort de dix heures d’entraînement par jour.


Durant le festival, trois professeurs de renommée mondiale mènent la danse : Richard Powers (Etats-unis), Maria Zotko (Russie) et Irène Ginger, membre de l’Association française des maîtres de ballet. Cette dernière a travaillé avec les plus grands troupes et spécialistes français et européens de la danse baroque. Irène donne des cours au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris. Cette année, elle a été l’invitée d’honneur du festival, où en plus d’animer des ateliers, elle a dansé six heures d’affilée lors du Grand bal de clôture.


Les invités, vêtus dans les règles de l’art (robes et costumes des années 1840-1860), ont vite pris goût à leur rôle d’aristocrates. Les dames jouaient de l’éventail, faisaient la révérence et appréciaient les riches toilettes les unes des autres, très loin du 21ème siècle. L’une d’elles, chuchotait à l’oreille de sa voisine : « Tiens toi droite, on te regarde ! ». Et que d’émoi, lorsque les cavaliers devaient choisir leurs dames pour un tour de valse !


Le bal s’est achevé, en tenant ses promesses, par un galop final orchestré ! Une fois la fête terminée, les dames n’ont plus qu’à ranger leurs belles robes dans les armoires dans l’attente du prochain festival de danse historique.

Quelques règles de bonne conduite pour les amateurs de bal :


1. Aucun retard n’est permis à la cérémonie de clôture


2. Respect strict du code vestimentaire : robe noire pour les dames, costume pour les messieurs, port des gants souhaité


3. Politesse, galanterie et respect sont de mise durant le festival


4. Lors des salutations, les cavaliers s’inclinent et les dames, après la révérence, peuvent tendre la main pour la serrer ou pour un baise-main.


5. Le savoir parler. Interdit de s’exprimer fort, d’utiliser la langue non normative. Les cavaliers sont priés de faire des compliments aux dames.

6. Durant le bal, en plus de danser il faut savoir se tenir et se déplacer avec grâce. Ne pas s’appuyer aux murs ou aux colonnes. Ne pas mettre les mains dans ses poches. Interdit de mâcher ! Manger des sucreries et des fruits n’est permis que dans des endroits réservés.


7. Interdiction formelle de courir dans la salle de bal et de la traverser par le centre.

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