Ouverture en fanfare du festival Spasskaïa bachnia

Le festival international de musique militaire Spasskaïa bachnia a débuté ce samedi à Moscou, apportant ouverture d’esprit et bonne humeur dans cette mégapole agitée.

Crédits photo : Ria Novosti, Rossiyskaya gazeta

Plus d’un millier de musiciens et d’artistes venus de 11 pays différents, ainsi que l’orchestre de cornemuses de l’Union européenne, se sont réunis à Moscou pour la 5e édition du festival de musique militaire Spasskaïa bachnia.

La cérémonie d’ouverture s’est déroulée sur la Place Rouge en grande pompe. Le public émerveillé a eu droit à un spectacle grandiose. Le thème de cette année : le bicentenaire de la victoire de l’armée impériale russe sur Napoléon dans la guerre de 1812. Pour plonger les spectateurs dans l’atmosphère de l’époque, le festival s’est ouvert par un grand bal. Au milieu de la valse, a surgi le Prince des ténèbres, entouré des chevaliers de la mort et de sa roue de feu. S’en est suivi un combat allégorique où les orchestres remplacaient les troupes, et la musique, les armes.

Durant deux heures, les murs du Kremlin ont résonné aux airs de marches militaires, d’extraits de partitions classiques, de chants de guerre et folkloriques interprétés par des artistes venus de Russie, d’Allemagne, de France, d’Italie, d’Autriche, de Grèce, de Chine, du Kazakhstan, de Pologne et de Singapour.

L’orchestre européen de cornemuse a rempli la Place rouge de musique traditionnelle écossaise et irlandaise. L’orchestre de l’Armée de l’air grecque a repris les airs mondialement connus des incontournables du cinéma, comme Indiana Jones, La guerre des étoiles ou Rocky.

L’orchestre général de l’Armée de Singapour a montré sa maîtrise non seulement des armes à feu mais aussi des éventails chinois. Les Chinois, eux, ont su créer la surprise avec une danse représentant la naissance du dragon près du lac au lotus. « Cette danse fait partie intégrante de la culture rurale de la Chine du sud. La campagne et l’armée sont étroitement liés en Chine, cette danse rentre parfaitement dans le cadre du festival », avait expliqué aux journalistes Tchen Issian, le porte-parole de la délégation chinoise.

Les émotions ont atteint leur apogée quand plusieurs orchestres militaires étrangers ont joué des mélodies nationales russes. Les carabiniers italiens ont joué la célèbre chanson russe Katioucha, l’orchestre de Singapour Oï, da ne vecher, et les Polonais Kalinka-Malinka. Les spectateurs russes, en plus d’applaudir et de reprendre à l’unisson, battaient la cadence du pied, prêts à bondir sur la piste de danse.

Cette année, les Français étaient particulièrement attendus. Pour faire revivre la France de Napoléon, les musiciens portaient l’uniforme de l’époque. Pour le plus grand plaisir du public russe, Mireille Matthieu, la voix légendaire de la chanson française, est arricée vêtue d’une petite robe noire, frêle, au milieu de la Place Rouge, balayée par le vent automnal, pour intérpréter l’hymne nationale russe et la Marseillaise. Son apparition au festival Spasskaïa bachnia est devenue une tradition. Les organisateurs du festival la considèrent comme un porte bonheur.

Mais c’est indéniablement l’orchestre Souvorov de l’Ecole de musique militaire de Moscou qui a fait sensation. Il a conquis le public avec son humeur gaillarde et énergique. « C’était super ! C’était le clou du spectacle ! », s’est enthousiasmé une spectatrice.

Le final non plus n’a pas déçu. Comme l’a souligné le directeur artistique du festival, Mikhaïl Chemiakine, « le plus difficile a été d’aborder le thème de la victoire avec tact », pour ne pas heurter les participants. Ainsi, le thème de la victoire s’est mué en thème de l’amitié, de la paix et de l’union des peuples. De là, la scène finale, réunissant tous les participants autour d’un feu de joie symbolisant le triomphe de la paix.

« Ceux qui étaient des différents côtés de la barricade se sont rassemblé autour d’un feu de la paix », a expliqué aux journalistes Valéri Khalilov, le chef de l’orchestre militaire du ministère russe de la Défense, à l’origine de ce scénario. Le programme final s’est achevé par l’apparition de la déesse de la paix sur un char.

Ce projet a fait l’unanimité. « Le plus important dans ce festival ? Pour nous, c’est le rapprochement entre la Russie et la France. C’est l’idée de la paix et de l’amitié », a déclaré le chef de la fanfare française Thierry Mouchot.

Le chef d’orchestre des Carabiniers de Rome Massimo Martinelli voit également le festival comme un signe de rapprochement entre les nations. « Les participants viennent de pays différents et mettent en avant leurs particularités nationales, leur musique. C’est une occasion unique d’établir et de renforcer le lien entre les peuples ».

« Nous apprécions particulièrement l’esprit d’ouverture du festival international de musique militaire. Cette ouverture qui unit les gens », a confirmé le commandant du Kremlin de Moscou et membre du Conseil du festival Spasskaïa Bachnia Sergueï Khlebnikov. Selon lui, « la musique militaire et les fanfares peuvent paraître vieillots aux yeux de certains, comparé aux synthétiseurs et aux nouvelles technologies. Mais ce n’est pas le cas. Cette musique touche le cœur des gens. Une fanfare est comme un brick accosté parmi les bateaux modernes. Il attirera toujours davantage l’attention, car il est sublime et romantique ».


Ce week-end, les meilleurs orchestres militaires ne se sont pas limités à la place Rouge. Ils sont allés jouer dans les parcs de la ville pour permettre aux Moscovites et aux visiteurs de la capitale de goûter à cette atmosphère particulière. Et ce n’est que le début, car le festival va durer encore une semaine entière, jusqu’au 8 septembre.

Les parades de fanfares

Les festivals de musique militaire sont très répandus dans le monde. Le premier Tournoi royal des orchestres militaires de l’Empire britannique s’est tenu en 1880 à Londres. A l’issue de la Seconde guerre mondiale, cette tradition à franchi les frontières pour s’étendre à d’autres pays. Aujourd’hui, les fanfares se rassemblent aussi bien aux Pays-Bas, au Danemark, en Norvège, en Allemagne, en Suède, en Finlande, en France, en Belgique, en Autriche, en Italie et en Suisse.

En Russie, les premières parades de fanfares ont eu lieu le 2 septembre 2006 dans le cadre de la fête de la ville de Moscou.

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