Rusal va réduire sa production d'aluminium dans quatre usines

La décision de fermer les usines ne devrait pas avoir d’influence sur le climat social dans les régions où est implanté Rusal. Crédit photo : ITAR-TASS

La décision de fermer les usines ne devrait pas avoir d’influence sur le climat social dans les régions où est implanté Rusal. Crédit photo : ITAR-TASS

Dans le sillage de plusieurs entreprises mondiales d’aluminium, l’usine UC Rusal d’Oleg Deripaska commence à réduire sa production. Le conseil des directeurs de l’entreprise a approuvé un programme d’arrêt de la production d’aluminium dans quatre de ses unités qui n’étaient pas rentables. Parmi elles, l’usine d’aluminium Bogoslovski, en difficulté depuis longtemps, que même l’intervention de Vladimir Poutine en personne n’a pu sauver.

Vendredi, le conseil des directeurs de Rusal a approuvé un programme visant l’arrêt de la production dans quatre unités de l’entreprise. Il s’agit d’usines déficitaires, situées dans la partie européenne de la Russie, a ajouté une source bien informée. Le plus grands de ses sites est l’usine Bogoslovski, à Krasnotourinsk (la région de Sverdlovsk), a-t-elle précisé. L’entreprise Rusal n’a pas commenté cette information. Les conclusions de la réunion ne seront pas divulguées avant leur diffusion officielle à la bourse de Hong-Kong, indique-t-on chez Rusal. « Le conseil a pris la décision d’arrêter progressivement la production dans les unités défaillantes en raison du coût élevé de l’énergie, induisant des pertes, et en raison des contrats de long terme de livraison d’énergie arrivant à échéance », a fait savoir une autre source proche du conseil des directeurs à RBK Daily.

Auparavant, Rusal avait à plusieurs reprises déclaré que les prix élevés de l’énergie avaient entrainé des dommages parmi certaines usines, en particulier celle de Bogoslovski. Vladimir Poutine lui-même avait tenté de résoudre ce problème. En décembre de l’année passée, alors qu’il était encore premier ministre, il avait déclaré lors d’une réunion du gouvernement que KES Holding, appartenant à Viktor Vekselberg devrait vendre à Rusal la centrale électrique Bogoslovskaïa en vue de normaliser la situation sur le site de production d’aluminium Bogoslovski.

La compagnie d’aluminium, de son côté, avait promis de moderniser son usine. Mais les deux parties ne sont pas parvenues à s’entendre sur un prix et aucun arrangement n’a été trouvé.

Par la suite, Rusal avait présenté un plan de modernisation du site Bogoslovski au gouvernement de la région où l’usine est implantée, mais pour sa réussite, il fallait un prix de l’énergie ne dépassant pas 0,03 dollar/kWh (en 2011, l’usine avait dû débourser 0,068 dollar par kilowatt-heure consommé). Aucun accord n’avait pu être atteint entre l’entreprise et le fournisseur d’énergie. Selon une source du journal, la production devrait s’arrêter complètement sur le site Bogoslovski d’ici la fin de l’année.

On ne sait pas encore exactement quels seront les autres sites à fermer leurs portes, en dehors de Bogoslovski. Selon Oleg Petropavlovski, analyste de BKS, on parle surtout des sites de Volkhovsksi (région de Léningrad), Kandalakchski (région de Mourmansk) et Nadvoïtski (Carélie). Les autres « candidats au départ » sont les usines de Volgograd et de l’Oural, mais elles conservent un avantage concurrentiel sur les usines précédemment citées. Cependant, comme le souligne l’analyste, leur tour pourrait arriver prochainement. En juillet, Oleg Deripaska a annoncé une diminution de 10 % des capacités de production de Rusal d’ici la fin de l’année, rappelle l’expert. Ces quatre unités, qui devraient vraisemblablement être fermées, représentent environ 8 % des capacités de production de l’entreprise. 

D’après la source du journal, proche du conseil des directeurs, la décision de fermer les usines ne devrait pas avoir d’influence sur le climat social dans les régions où est implanté Rusal. Quoi qu’il en soit, début septembre, le quatre-millième meeting de soutien au site Bogoslovski devrait avoir lieu à Krasnotourinsk. Les manifestants ont l’intention d’exiger le transfert de l’usine à son ancien propriétaire, Viktor Vekselberg.

On ne parle probablement pas d’une liquidation totale des usines mais de leur reconversion dans la production d’alliage, estime pour sa part Oleg Petropavlovski. Cela, bien sûr, exige une réduction du personnel, mais ils ne devraient pas se séparer de l’ensemble du personnel, poursuit-il. Selon lui, 30% des employés de ces usines seront licenciés. Globalement, la fermeture des entreprises qui ne sont pas rentables est une bonne nouvelle pour Rusal, compte tenu des prix actuels du métal. Une réduction de la production de 8 % permettra à l’entreprise de conserver sa place de leader de la production d’aluminium dans le monde et augmentera sa rentabilité, explique-t-il. Rusal n’est d’ailleurs pas la première entreprise mondiale dans cette situation, les entreprises Alcoa et Rio Tinto sont également passées par là, rappelle M. Petropavlovski.

Texte original disponible sur le site RBC Daily. 

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