Un médiateur pour les relations interethniques serait bientôt nommé en Russie

Une manifestation des nationalistes en mars 2012, à Lioubertsy, dans la banlieue moscovite. Crédit : RIA Novosti/Ilya Pitalev

Une manifestation des nationalistes en mars 2012, à Lioubertsy, dans la banlieue moscovite. Crédit : RIA Novosti/Ilya Pitalev

Un médiateur pour les questions nationales auprès du président russe sera chargé de résoudre les conflits sur des bases ethniques.

 Avant la fin de l'année, un médiateur pour les affaires nationales pourrait voir le jour en Russie. L'idée de créer un ministère des Affaires nationales, auparavant énoncée, n'a pas été soutenue. C'est ce qu'a annoncé au journal Izvestia une source au sein de l'administration présidentielle.

« Pour l'instant, la question n'a pas reçu de réponse définitive, dans le sens où la candidature du médiateur n'a pas encore été décidée. Parmi les candidats, l'administration présidentielle cite le conseiller présidentiel pour la culture nationale Vladimir Tolstoï, ainsi que du député de la Douma Gadjimet Safaraliev », a déclaré l'interlocuteur du journal, qui a demandé à ce que son nom ne soit pas divulgué.

L'information liée à la création de ce nouveau poste a été confirmée par d'autres sources du journal. En particulier, c'est ce qu'a déclaré au quotidien Izvestia le président du Comité de la Douma pour les nationalités, Gadjimet Safaraliev.

« D'abord on a créé un Conseil présidentiel sur les affaires nationales, mais il faut désormais quelqu'un qui sera « l'œil du souverain ». Il devra observer les processus dans la société, et rendre compte de la situation directement au chef de l'État », a dit le député. Il a fallu renoncer au ministère des nationalités, car il n'y a tout simplement pas de fonctions pour un tel organe. Celles-ci sont en partie dispersées dans d'autres départements.

Le député de la Douma Gadjimet Safaraliev est parmi les candidats au poste de médiateur pour les questions internationales auprès du président russe. Crédit photo : Kommersant

Selon M. Safaraliev, le poste de Commissaire aux Nationalités sera occupé par un homme qui connaît les problèmes de toutes les régions du pays, « un internationaliste jusqu'à la moelle ». Le nouveau médiateur sera chargé de trouver des solutions aux conflits ethniques dans différentes régions, de rechercher une approche individuelle aux situations nouvelles, et surtout, d'y répondre rapidement.

« Le Conseil pour les affaires nationales pourrait se réunir par exemple une fois par an, tandis que le médiateur aura toujours accès au président et réagira rapidement pour résoudre les problèmes au jour le jour », a expliqué M. Safaraliev. Dans le cadre de ses fonctions, il aura une certaine indépendance et de la liberté, sans quoi il ne sera pas en mesure de fournir une évaluation objective de la situation.

Selon le député, la première mission de l'ombudsman sera de créer une carte signalant les régions les plus susceptibles de voir éclater des conflits sur des bases ethniques. Le travail ne commencera par de zéro, il faudra systématiser le travail déjà en cours dans les régions du pays.

« Dans de nombreuses régions on crée des Directions pour la politique intérieure, on surveille les migrations internes et externes, le médiateur a des interlocuteurs pour son travail, assure M. Safaraliev. Son appareil sera représenté dans les régions, les hommes du médiateur devront réagir aux conflits sur le terrain, il ne sera pas en mesure d'assurer seul ce travail depuis Moscou, nous avons un énorme pays".

Le député n'envisage pas d'occuper le poste de médiateur pour les nationalités, qu'il refusera si on le lui propose. Toutefois, il est prêt à fournir des conseils au futur médiateur.

« Il est nécessaire de créer une sorte de test pour les fonctionnaires qui sont recrutés, afin de déterminer si une personne peut travailler en équipe, son niveau de tolérance, quelle est son opinion concernant les relations ethniques, s'il connaît la mentalité, l'histoire et la religion des différents peuples, a indiqué le député. Parce que lors de l'embauche on évalue les compétences professionnelles, mais pas les qualités humaines ».

De son côté, le directeur général du Centre d'information politique Alexeï Moukhine doute qu'une seule personne soit en mesure de faire face à un problème aussi vaste que les relations interethniques et les conflits qui en découlent.

« Quand il y a un ombudsman pour les affaires ou les questions ethniques, il est toujours le dernier fusible », estime l'analyste. Comment une seule personne peut résoudre les problèmes de nombreuses nations et régler les conflits qui existent déjà et vont se multiplier, la question est ouverte. Une telle personne doit être un poids lourds bénéficiant d'une grande influence politique, habituée à agir dans le rôle d'arbitre.

Le gouvernement se préoccupe du problème des conflits ethniques depuis une rixe de masse survenue le 21 juillet dans le centre-ville de Kislovodsk. La cause de l'échauffourée était précisément un conflit ethnique. Après l'incident, le gouvernement a été chargé d'élaborer des mesures visant à améliorer le travail des organes du pouvoir russe afin de prévenir les conflits interethniques. La version finale de ces mesures sera évoquée lors d'une réunion du gouvernement en octobre prochain.


Trouvez l'article original sur le site izvestia.ru.

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