Prison ferme pour les Pussy Riot

Le jugement contre les membres de Pussy Riot serait prononcé le 17 août à 15h, heure de Moscou. Crédit photo : Photoshot/Vostock Photo

Le jugement contre les membres de Pussy Riot serait prononcé le 17 août à 15h, heure de Moscou. Crédit photo : Photoshot/Vostock Photo

La justice va rendre son jugement dans l'affaire des Pussy Riot. Le parquet a requis trois ans de prison pour les trois jeunes femmes. Les victimes réclament une peine avec sursis, et des experts indépendants estiment que le parquet a commis une erreur en qualifiant l'infraction comme une affaire criminelle.

  Au septième jour du procès du groupe punk Pussy Riot, les participants des audiences ont enfin exprimé quelle punition méritent de leur point de vue les jeunes femmes, qui ont organisé une « prière punk » dans la cathédrale du Christ le Sauveur à Moscou.

Lors des plaidoiries, le procureur Alexandre Nikiforov a requis pour chacune des membres du groupe trois ans d'emprisonnement. Selon lui, Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina, et Ekaterina Samoutsevitch ont violé les règles de conduite généralement admises dans une église, ce qui constitue une violation de l'ordre public. En outre, le procureur continue d'assurer que les filles ont agi « par haine religieuse et hostilité envers les croyants orthodoxes ».

La position de l'accusation est contestée non seulement par la défense des Riot Pussy, mais aussi par un certain nombre d'experts indépendants. En particulier, le chef de la Chambre des avocats de Moscou Guenri Reznik est convaincu que le parquet n'a tout simplement pas le droit d'exiger trois ans de prison. « L'action du groupe punk relève de l'infraction administrative, mais en aucun cas de la justice pénale, » estime M. Reznik.

Le ministère public a pu, en outre, compter sur un soutien pour le moins mitigé de la part des victimes : les employés de la cathédrale du Christ Sauveur, devenus malgré eux témoins de la prière punk. Au cours des plaidoiries, ces dernières ont soit laissé la question de la peine à la discrétion du tribunal, soit considéré que deux ans avec sursis serait une punition suffisante pour cet acte, deux des jeunes femmes ayant des enfants en bas âge.

La position de la défense, cependant, est unanime sur la question de la peine à prononcer à l'encontre des jeunes femmes. Au cours des délibérations, l'avocat Nicolas Polozov, qui défend les accusées, a affirmé une nouvelle fois que tout autre verdict que l'acquittement serait illégal. En outre, l'avocat des défendeurs Violetta Volkova a ajouté que la défense avait d'ores et déjà décidé de faire appel du verdict auprès de la Cour européenne des droits de l'homme. « Avec ce procès, c'est le pouvoir, et pas les jeunes femmes, qui a porté un coup fatal à l'Église orthodoxe russe », a déclaré Mme Volkova.



En effet, le procès des Pussy Riot a non seulement divisé la société russe en partisans et adversaires du procès contre les trois jeunes femmes, mais a en outre eu une forte résonance à l'étranger. L'un des premiers à porter son attention sur le procès est l'ONG Amnesty International, qui a qualifié les membres du groupe punk de « prisonniers de conscience ». La campagne a été soutenue par des musiciens connus, des Red Hot Chili Peppers à Madonna.

Les États-Unis et l'Europe ont exprimé leur opinion sur les événements. Le Département d'État américain a qualifié l'affaire de « motivée politiquement », et le ministre tchèque des Affaires étrangères Karel Schwarzenberg a déclaré qu'il « admirait » les membres du groupe. En outre, presque tous les hommes politiques ont précisé qu'ils ne soutenaient pas l'action de Pussy Riot, mais considéraient la réaction des autorités « disproportionnée ». La préoccupation règne également au Parlement européen. « L'Union européenne a suivi de près le procès et nous avons des raisons de croire qu'il est politiquement motivé », affirme l'eurodéputée de l'Alliance des libéraux et démocrates Kristiina Ojuland, citée par le journal Kommersant.



L'intervention de Vladimir Poutine, qui a appelé à ne pas juger sévèrement les jeunes filles, n'a pas rassuré la société occidentale. « J'espère qu'elles tireront leurs conclusions elles-mêmes. Toutefois, la décision finale revient à la justice », a déclaré le président, ajoutant qu'il comptait sur un jugement « juste » et « fondé ».



Lors de la séance d'aujourd'hui, le tribunal a annoncé que le jugement contre les membres de Pussy Riot serait prononcé le 17 août à 15h, heure de Moscou.

Article préparé sur la base de matériaux de RIA Novosti, Kommersant, et Moskovskie Novosti.

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