Affaire Pussy Riot : à chaque jour son scandale

Crédit photo : Photoshot / Vostok photo

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Manifestations quotidiennes devant le tribunal Khamovniki de Moscou, fausse alerte à la bombe, l'intervention de Washington, et de nouvelles restrictions pour les médias — la première semaine des audiences du procès Pussy Riot a été mouvementée. La Russie d'Aujourd'hui tire le bilan de la semaine écoulée.

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Les audiences du procès du groupe punk Pussy Riot, qui ont prononcé une prière parodique contre Vladimir Poutine dans la principale cathédrale du pays — la cathédrale du Christ Sauveur — ont commencé le 30 juillet 2012, et il serait prématuré d'évoquer la date à laquelle pourrait prendre fin le procès. Toutefois, la première semaine du procès controversé a été si mouvementée que l'on peut déjà réaliser un premier bilan.

Sa première journée n'a laissé aucun doute sur le fait que le procès occuperait les premières pages des journaux non seulement russes, mais également étrangers. Les débats ont tourné autour du caractère que revêtait l'action des Pussy Riot — religieuse ou politique. Les opinions des deux parties étaient radicalement opposées.

« Il est extrêmement cruel de nous attribuer une motivation religieuse. Il n'y en avait aucune », a déclaré Nadejda Tolokonnikova, que les victimes considèrent comme l'organisateur de l'action. Elle est soutenue par la seconde inculpée, Ekaterina Samoutsevitch. « Je reconnais les événements dans l'église, je reconnais que j'y ai participé, mais il s'agissait d'une action politique et civique ».

Contexte


Lors de la conférence de presse après sa rencontre avec le Premier ministre britannique David Cameron jeudi 2août, le Président russe Vladimir Poutine a fait la déclaration suivante au sujet des Pussy Riot : “Je ne pense pasqu’il faille les juger aussi sévèrement”. La veille de la visite de Vladimir Poutine à Londres un groupe d’hommespolitiques du Royaume-Uni a lancé un appel aux dirigeants du gouvernement russe en faveur de la libérationdes Pussy Riot.


Les neuf victimes — les vigiles et les employés de l'église — ne voient au contraire aucun motif politique dans les actions des jeunes femmes. « Elles criaient des paroles blasphématoires. Cela n'avait absolument aucune motivation politique. La politique était uniquement liée à la mention du nom du président », a déclaré à la cour l'employée du temple Lioubov Sokologorskaïa. Cependant, cette dernière n'a pas été en mesure de se rappeler le contexte précis dans lequel a été mentionné le nom du Premier ministre d'alors, Vladimir Poutine. (Le texte de la chanson disait « Mère de Dieu chasse Poutine »).

Cependant, la principale nouvelle de la première journée ce ne sont pas les déclarations des parties, mais la décision du tribunal de limiter les diffusions depuis la salle d'audience. Au début de l'audience, les procureurs ont exigé de mettre fin à la transmission vidéo en direct du procès, qui, selon eux, constitue une pression sur les témoins, ces derniers pouvant entendre leurs témoignages mutuels. En conséquence, la diffusion a été interrompue au moment des déclarations des témoins.

Des restrictions supplémentaires ont été imposées aux journalistes deux jours plus tard. « Dans les reportages en ligne à partir de la salle d'audience, il est interdit de divulguer les circonstances de l'affaire racontées par les témoins dans leur témoignage », a déclaré le 1er août la porte-parole de la cour Khamovniki, Daria Lyakh. Plus tard, la cour a précisé que ce n'était pas une interdiction, mais une recommandation. Néanmoins, les démarches de la cour ont plongé les spécialistes dans l'embarras.

« Tout ce qui se passe en public peut être diffusé au public. La Cour ne peut pas interdire aux journalistes d'agir lors d'un processus ouvert », a déclaré le chef du Conseil présidentiel pour les droits de l'homme, Mikhaïl Fedotov. Dans le même temps, le chef du service de collecte et de traitement de l'information de l'agence de RAPSI Vladimir Novikov a reconnu que la couverture en ligne du procès de Pussy Riot « compliquait fortement le travail des juges ».

La situation entourant le procès a été en outre compliquée par les critiques de la justice russe émises par le Département d'État américain. Le porte-parole de la diplomatie américaine Patrick Ventrell a déclaré que du point de vue des États-Unis, l'affaire Pussy Riot était politiquement motivée et que Washington la considérait comme un harcèlement de l'opposition. La partie russe n'a pas répondu à ces critiques.

Les jours suivants ont également été riches en événements. Ainsi, l'audience de jeudi a été interrompue par un message anonyme indiquant qu'une bombe avait été déposée dans le palais de justice. Il a été impossible de trouver les explosifs, mais cela n'a pas calmé l'atmosphère dans le bâtiment du tribunal. Les avocats des Pussy Riot ont à nouveau demandé de remplacer un juge dont la position est selon eux partiale. Cette demande était la cinquième, mais, comme les jours précédents, elle n'a pas été satisfaite.

Article préparé à partir de matériaux des sites Lenta.ru, RIA Novosti, et des quotidiens Kommersant et Moskovskie Novosti.

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