La législation fiscale française pourrait pousser les joueurs à s’exiler en Russie

Les premiers à avoir profité de ces changements dans la législation française sont les représentants du Spartak Moscou, qui ont réussi à transférer le Suédois de Lyon Kim Källström. Crédit photo : Imago / Legion Media

Les premiers à avoir profité de ces changements dans la législation française sont les représentants du Spartak Moscou, qui ont réussi à transférer le Suédois de Lyon Kim Källström. Crédit photo : Imago / Legion Media

Selon les spécialistes, il faudrait s’attendre à un afflux de footballeurs du championnat français vers la ligue russe.

Le nouveau président français François Hollande a tenu sa promesse électorale en introduisant un impôt sur le revenu de 75% sur trois ans pour les personnes gagnant plus d’un million d’euros par an, poussant involontairement de grands joueurs du championnat de football du pays à se chercher de nouveaux clubs à l’étranger. Cette loi fera en effet très mal au portefeuille des footballeurs de Ligue 1 qui disposent de contrats solides.

Les premiers à avoir profité de ces changements dans la législation française sont les représentants du Spartak Moscou, qui ont réussi à transférer le Suédois de Lyon Kim Källström.

« Je tiens avant tout à dire que Kim voulait vraiment rejoindre notre équipe », a déclaré le président du club Leonid Fedoun. « Dès la prochaine saison, les revenus élevés seront imposés à hauteur de 75% en France. Le Suédois ne voulait pas céder les trois quarts de son salaire aux caisses de l’État et a donc décidé de changer de club. Nos recruteurs ont su rapidement réagir pour répondre aux envies du joueur suédois et ont conclu l’affaire en un temps record ».

Les clubs russes sont persuadés que ces réformes fiscales en France auront des incidences sur le travail des recruteurs et que l’intérêt pour les footballeurs de Ligue 1 ne fera qu’augmenter.

« Cette situation nouvelle influencera évidemment la politique des clubs russes », a ainsi déclaré Kirill Kotov, directeur de la cellule de recrutement du Lokomotiv Moscou. « Désormais, les joueurs du championnat de l’Hexagone seront suivis de plus près ».

Selon les agents de footballeurs russes, les joueurs qui passeront du championnat français à notre compétition seront pour la plupart âgés de près de 30 ans et plus. 

« Naturellement, le footballeur dont la principale motivation est l’argent voudra s’installer dans un autre pays, et pensera en premier lieu à la Russie », explique l’agent Arsen Minassov. « Cette tendance concernera avant tout les joueurs en fin de carrière dont l’aspect sportif passe au second plan.  Il faudra également voir comment les dirigeants des clubs français réagiront à la nouvelle situation. De plus en plus de contrats indiqueront probablement un salaire annuel 999 999 euros ».

« En France, le niveau du championnat et des joueurs est très élevé », ajoute Minassov. « Malgré les échecs de l’équipe nationale et des clubs du pays, la Ligue 1 compte plusieurs footballeurs de grande classe capables de renforcer n’importe quelle équipe russe ».

Le président du conseil des syndicats des footballeurs et entraîneurs de Russie Vladimir Leontchenko a quant à lui déclaré que l’afflux de joueurs étrangers dans la compétition du pays ne fera qu’augmenter à cause de la faible pression fiscale en vigueur en Russie, et ce indépendamment des changements dans la législation française.

« Les impôts en Russie sont assez bas par rapport aux autres pays européens. C’est pourquoi les joueurs étrangers qui débarquent en Russie gagnent en net beaucoup plus que dans d’autres championnats. Le problème est que nous n’avons pas encore mis en place de stratégie concrète pour développer le championnat russe ».

Leontchenko estime qu’il est impératif de prendre des mesures de communication en invitant des joueurs médiatisés, afin d’améliorer l’image de la compétition nationale et de la rendre plus attractive. Il faudra néanmoins également introduire des mesures économiques pour règlementer les salaires et les transferts des clubs, ce qui permettra de mettre en place de nouvelles conditions pour une concurrence sportive plus saine.

Article original sur le site Izvestia.ru.

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