JO de Londres : « Les volleyeurs russes feront une bonne équipe »

Stanislav Chevtchenko : « À Londres, les volleyeurs russes sont en mesure de faire preuve d'un bon jeu d'équipe ». Crédit photo : Itar-Tass

Stanislav Chevtchenko : « À Londres, les volleyeurs russes sont en mesure de faire preuve d'un bon jeu d'équipe ». Crédit photo : Itar-Tass

Le président de la Fédération russe de Volley-ball, Stanislav Chevtchenko, évoque les perspectives des volleyeurs russes aux JO de Londres.

Impossible de ne pas mentionner le fait que les supporteurs russes fondent de grands espoirs sur le volley-ball lors de ces Jeux olympiques. Quelle est la probabilité pour que nos sélections les justifient ?


Chercher à deviner à l'avance les résultats des Jeux olympiques est, à mon avis, tout à fait erroné. Concernant mes propres sentiments, je dirais ceci : je crois qu'à Londres, les volleyeurs russes sont en mesure de faire preuve d'un bon jeu d'équipe. Je veux parler aussi bien des hommes que des femmes.


La sélection masculine a raté en juillet la « Finale à six » de la Ligue mondiale, en se disqualifiant après le tour préliminaire. À quel point ce raté vous préoccupe-t-il ?

Qui est Stanislav Chevtchenko ?

Né le 1 novembre 1970  à Elista.

Stanislav Chevtchenko a commence à jouer au volley-ball à l’école nationale des sports pour jeunes d’Elista.

Quatre fois champion de Russie, médaille d'argent et de bronze du championnat de Russie. Vainqueur de la Coupe de Russie en 1994.

À la fin de la carrière, il a été entraîneur du « Dynamo » de Moscou. Depuis 2005, il occupe des postes de direction à la Fédération de Russie de Volley-ball (FRV): PDG, premier vice-président (depuis décembre 2006), le Président par intérim (depuis 2009). Il est élu président de la FRV le 16 avril 2010.

Depuis 2008, Stanislav Chevtchenko est membre du Conseil d'administration de la FIVB (Fédération Internationale de Volley-ball). Le 5 août 2010, il a également été élu membre du Comité exécutif du Comité olympique russe.

Dès le début, nous considérions principalement l'Alpha Ligue mondiale comme une étape de la préparation aux Jeux olympiques. Par conséquent, l'équipe a réalisé la moitié des matches selon une composition expérimentale. Grâce au fait que l'équipe russe ait été sélectionnée pour les jeux dès la fin de l'année dernière en remportant la Coupe du Monde, des joueurs de premier plan, qui avaient eu l'occasion de guérir leurs blessures, sont entrés sur le terrain dans un état loin d'être satisfaisant. Mais le staff d'entraînement, dirigé par Vladimir Alekno, s'y est résolu en conscience de cause : il fallait qu'ils aient de la pratique de jeu. Et observez les rivaux que nous avons eus dans le groupe : Cuba, Serbie, Japon. Tous, à la différence de notre équipe, ont joué lors des tournois de qualification olympique. Tous étaient presque à l'apogée de leur forme. Alors rien de terrible. L'équipe compense le manque d'entraînement par des matches amicaux avant les Jeux olympiques

L'équipe olympique féminine a, pour sa part, dû se qualifier cette année lors de deux tournois : la qualification continentale et mondiale. Êtes-vous inquiet de son état ?

Regardez les résultats des filles. Lors de la qualification olympique à Tokyo en mai, elles ont gagné leurs sept matches. Et tout récemment, elles remporté la Coupe Boris Eltsine, lors duquel elles ont surclassé les équipes d'Italie, du Brésil, de Cuba et de Pologne. Les Italiennes et les Brésiliennes sont des prétendantes incontestées au podium des Jeux olympiques.

Vous avez mentionné les blessures. À mon avis, les joueurs russes de volley-ball hommes et femmes en sont trop souvent victimes. Si l'on fait une liste de ceux qui ont été soignés pour des maladies ou des blessures à la fin de la saison passée et au début de la saison actuelle, on peut créer toute une équipe de stars : Alexander Volkov, Serguei Tetioukhine, Alexander Butko, Taras Khtey, Tatiana Kosheleva... Quelle en est la cause?

Il n'y a rien d'étonnant. L'équipe principale doit jouer de nombreux matches : pour la sélection, en championnat national, lors des coupes européennes. Ce sont des matches où se joue une lutte acharnée. Le championnat de Russie est aujourd'hui une compétition du plus haut niveau, ce qui oblige parfois de pousser ses limites. D'où les blessures.

Le tirage au sort pour le tournoi olympique a eu une issue différente pour les deux équipes russes. Êtes-vous d'accord ?

Bien sûr. Les hommes vont devoir affronter les favoris dans leur groupe : les Brésiliens et les Américains, finalistes des Jeux olympiques de Pékin, les Serbes, champions d'Europe, et les Allemands qui montent en puissance. Il va falloir tout donner dès le premier jour, on n'aura pas le droit de traîner. Chez les femmes, la situation est un peu plus simple. Elles n'auront pas à forcer.
 

En revanche, les femmes sont  pratiquement sûres, dès les quarts de finale, de tomber sur des équipes fortes : par exemple, les Américaines, les Brésiliennes, les Turques, les Chinoises...

Oui, difficile de dire ce qui est le mieux. Mais en tout cas, les deux équipes doivent impérativement se qualifier lors de la phase de groupes.

Il subsiste une opinion selon laquelle nos équipes de volley-ball seraient invulnérables lors de tournois « lisses », c’es-à-dire sans grande difficultés. La marge de sécurité, la profondeur de la composition permettraient de réduire le nombre de ratés au minimum. Mais lors des play-offs, ces ratés ont eu lieu, même en l'absence de difficultés majeures, en particulier chez les hommes, et  régulièrement. Le format olympique ne serait-il pas adapté pour l'équipe russe ? 
 

Vous savez, pour gagner les principaux matches, les fins de rencontre sur le fil, il faut être très confiant en soi. Et comment être confiant si on a derrière soi une série de défaites ? Les victoires de l'année dernière en Ligue mondiale et en Coupe du Monde ont, je crois, donné de l'assurance. Concernant les femmes, il est stupide de dire que le système des play-offs ne leur convient pas. Avec ce système, elles ont remporté deux championnats du monde – en 2006 et en 2010 – en battant les Brésiliennes lors de finales extrêmement ardues.

Qui considérez-vous comme les principaux adversaires de nos sélections à Londres ?

La particularité de la situation actuelle est qu'il n'y a aucun leader unique ni chez les hommes, ni dans le volley-ball féminin. Des leaders comme l'étaient il n'y a pas si longtemps les Brésiliens, et auparavant les Italiens et les Néerlandais. De nombreuses équipes prétendront à la victoire. Sept ou huit équipes chez les hommes, cinq ou six chez les femmes.
 

Les Jeux Olympiques c'est aussi deux jeux de médailles en beach-volley. Y a-t-il des défis pour nos athlètes dans ce domaine ? 
 

Lors des Jeux olympiques, trois couples russes ont été sélectionnés : deux couples de femmes, et un d'hommes. C'est la première fois que nous obtenons une telle représentation. C'est une réussite, compte tenu du fait que le beach-volley est un sport nouveau en Russie : nous ne le développons activement que depuis quelques années. Nous n'avons pas fixé d’objectifs spécifiques au beach-volleyeurs. Mais dans le même temps, croyez-moi, personne ne leur dit : vous êtes à Londres c'est déjà bien. Nous espérons que nos couples se qualifieront dans leurs groupes, puis nous verrons.

Trouvez le texte en integralité (en russe) sur le site de Kommersant.

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