Les députés font des médias aussi des « agents étrangers »

Comme le disent les auteurs du projet de loi, beaucoup de médias sont financés depuis l'étranger, interviennent dans la politique et remplissent la fonction de porte-voix de la propagande étrangère. Source : Service de presse

Comme le disent les auteurs du projet de loi, beaucoup de médias sont financés depuis l'étranger, interviennent dans la politique et remplissent la fonction de porte-voix de la propagande étrangère. Source : Service de presse

Les parlementaires de Russie unie prévoient d'intégrer les moyens d'information de masse financés depuis l'étranger dans le registre des organisations « spécialement surveillées ».

Une série de médias travaillant en Russie pourraient recevoir à l'automne un « statut spécial ». La question porte sur l'introduction d'amendements à la loi « Sur des moyens d'information de masse », qui envisageront forcément la réglementation des « médias travaillant pour les intérêts d'États étrangers ». Elle concerne les médias qui recoivent des financements de l'étranger.

Comme le rapellent des députes, les moyens d'information de masse étant, pour la plupart d'entre eux, des personnes morales économiques, ils ne sont pas soumis aux normes de la loi sur des associations et ne peuvent donc recevoir le statut « d'agents de l'étranger ». Cependant, comme le disent les auteurs du projet de loi, beaucoup de médias sont financés depuis l'étranger, interviennent dans la politique et remplissent la fonction de porte-voix de la propagande étrangère.


Le député de Russie unie Ilia Kostounov souligne que la cession d'automne de la Douma commencera avec l'examen de ce projet de loi : « Il y a des exemples d'audits financiers d'entreprises par actions, on peut passer par là. Les médias s'appellent eux-même le quatrième pouvoir, les associations de se désignent pas elles-mêmes ainsi, c'est pourquoi la société est en droit de savoir qui finance les représentants de ce quatrième pouvoir et ce qu'il en est de leur souveraineté ».


Selon le député de Russie unie Vladimir Bourmatov, tous les moyens d'information de masse recevant des financements de l'étranger ne devraient pas entrer dans cette liste. « S'ils recoivent une aide de l'ordre de 10% de leurs budgets, il n'est pas nécessaire de les inscrire comme agents de l'étranger, mais si cette aide dépasse 50%, cela signifie que les mécènes étrangers vont contrôler de fait la ligne éditoriale de l'édition. Et dans ce cas il serait possible de leur appliquer le statut s'agent de l'étranger », a-t-il expliqué.


Le député de la Douma Ilia Ponomarev note que c'est la contiuation logique de la loi sur les associations dans le sens de la repression. « La logique du projet de loi me paraît très clair. Tout va vers la repression. À mon avis, ce n'est pas une décision très habile du pouvoir. Notre peuple est ingénieux pour inventer et trouver des moyens de contourner la loi. Nous allons ainsi contraindre les gens à violer la loi en masse. Les auteurs de cette idée n'atteindront pas l'effet désiré, et l'introduction de de limitations supplémentaires va entrainer dans la société des courants négatifs et monter les gens contre le pouvoir. Cela peut entrainer de la colère et des conflits », estime le député.


Souvenons-nous que l'adoption par la Douma de la nouvelle rédaction de la loi sur les associations avait entrainé de larges protestations des défenseurs des droits et d'autres organisations de la société civile.

Version abrégée de l’article du journal Izvestia.

Dans le cadre d'une utilisation des contenus de Russia Beyond, la mention des sources est obligatoire.