Maisons-bulles : nouvelle attraction de la vallée d’Ouimon

Dans les montagnes de l’Altaï et au-delà, des rumeurs persistantes circulent selon lesquelles des maisons rondes seraient construites. Crédit photo : RIA Novosti

Dans les montagnes de l’Altaï et au-delà, des rumeurs persistantes circulent selon lesquelles des maisons rondes seraient construites. Crédit photo : RIA Novosti

Dans la vallée d’Ouimon située entre les montagnes de l’Altaï, des maisons ressemblant à des balles de tennis géantes, et qui devaient à la base servir de logements privés pour leurs propriétaires, sont pour la deuxième année d’affilée un lieu de pèlerinage unique pour des centaines de touristes venant de toute la Russie.

Dans le village de Multa, deux maisons sphériques ont été construites par des familles originaires des régions de l’Altaï et de Krasnoïarsk, mais les visiteurs ne peuvent accéder que dans l’une d’elles.

« Nous voulions une résidence solide mais d’une forme particulière. Nous aimons les projets qui sortent de l’ordinaire et avons le courage de les réaliser. Notre but au départ n’était pas d’offrir un logement aux touristes. Mais nous avons littéralement croulé sous les demandes de personnes voulant visiter et séjourner dans nos maisons », explique la directrice de la maison d’hôtes et une de ses propriétaires, Maria Bajenova.

À l’origine, la maison a été conçue pour trois familles. Elle compte 5 chambres au second étage, toutes décorées avec différentes couleurs. Elle possède également un salon, une salle de bain et une cuisine au premier étage, ainsi qu’une sorte de jardin d’hiver et une salle de massage au troisième. Trois sections touristiques devraient voir le jour cette année.

« Une résidence solide mais d’une forme particulière ». Crédit photo : RIA Novosti

« Nous souhaitons aménager un dortoir pour les touristes au troisième étage, mais nous ne savons pas encore comment. Nous pensons que trois autres sections peuvent encore être aménagées. Nous voulons construire une pièce « économique » où les visiteurs pourront dormir sur des matelas avec leur ou notre matériel de couchage. La nuit sera moins chère que dans les chambres du deuxième étage. Actuellement, une chambre double coûte 1 500 roubles par jour, et une chambre pour trois personnes 2 200 roubles », indique Maria.

Solutions techniques


Les demandes de séjour dans la « bulle » ne cessant d’augmenter, ses propriétaires ont commencé l’année dernière à construire une autre maison de ce type juste à côté. Mais les travaux sont actuellement suspendus pour manque de fonds.

« Si tout va bien, nous devrions avoir fini la troisième bulle pour l’automne car de telles maisons se construisent rapidement. Cette bulle a été construite en trois mois : nous avons commencé en juin, et en septembre elle était prête. La décoration intérieure a cependant pris du temps car nous cherchions de vrais artistes pour cette maison un peu spéciale », précise l’hôtesse.

« Nous avons finalement trouvé une équipe de jeunes des environs de Tchemal qui utilisaient des méthodes et techniques de finition en constante évolution. Mais nous avons également rencontré beaucoup de difficultés ».

Dans un prochain avenir, les propriétaires prévoient d'offrir le logement aux touristes. Crédit photo : RIA Novosti

« Les méthodes de construction habituelles sont la plupart du temps adaptées aux formes carrées, mais ici tout est rond. Les travaux étaient dès lors plus compliqués. C’est pourquoi nous avons dû trouver plusieurs nouvelles solutions techniques. Heureusement, nous avions un très bon ouvrier : un ingénieur et une sorte d’inventeur », indique Maria.

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La « bulle » possède une charpente en bois, et comme la structure est très légère, une barre en métal traverse l’intérieur de la maison afin que le bâtiment tienne sur ses fondations. L’isolation est faite à partir de laine minérale et le mur mesure 43 cm d’épaisseur, dont 10 cm de coussins d’air à l’intérieur. Le chauffage fonctionne grâce à de l’air chaud : un grand four au sous-sol fait monter la chaleur à travers des conduits d’aération. D’après les propriétaires, la maison est très chaude : le troisième étage n’a pas besoin d’être chauffé, par exemple, et ce, même en hiver. À l’extérieur, les murs sont garnis de tuiles souples de trois couleurs.

Une planche légère pénètre le cœur de la construction. C’est ce qu’on appelle une table lumineuse : elle est de forme cylindrique et le bord de la bulle est vitré à cet endroit. Ce système permet de recevoir plus de lumière naturelle car il n’y en a pas assez dans les étages inférieurs. La nouvelle « bulle » devrait avoir plus de fenêtres.

Une légende qui prend forme


Dans les montagnes de l’Altaï et au-delà, des rumeurs persistantes circulent selon lesquelles Maria et ses amis auraient construit des maisons rondes pour être sauvés de la fin du monde. Mais les propriétaires des lieux nient catégoriquement ces rumeurs et affirment qu’ils aiment simplement les idées innovantes et n’ont pas peur de les mettre en œuvre.

« On m’a parlé de l’idée de construire des maisons sphériques dans la vallée quand nous sommes arrivés ici. Elle ne vient pas de nous. Selon d’anciennes légendes, les habitants de la vallée d’Ouimon doivent vivre dans des maisons sphériques. Nous leur avons juste donné forme », explique-t-elle.

La maison compte 5 chambres au second étage, toutes décorées avec différentes couleurs. Crédit photo : RIA Novosti

L’idée même des maisons sphériques trouve son origine aux États-Unis, dans les années 1960-70. Il existe également un bâtiment sphérique en verre à Novossibirsk et des « bulles » à Moscou. La seule différence est que ces maisons ont toutes été érigées pour accueillir le public : ce sont des cafés, des restaurants ou des boîtes de nuit, mais jamais des domiciles.

Selon les croyances des autochtones, la vallée d’Ouimon aurait des pouvoirs de guérison. Maria est originaire de Biisk, dans la région de l’Altaï, et son ami, copropriétaire de la maison-bulle, de Krasnoïarsk.

« Nous avons d’abord subi une pression très forte à cause de ces maisons. Nous avons dû faire face à une multitude de déclarations et d’avis très contradictoires. Beaucoup d’inspections ont été menées une fois la construction terminée. Les contrôleurs venaient de Gorno-Altaïsk, et même le FSB [service fédéral russe de sécurité] tenait un œil sur nous. Ils voulaient savoir ce que nous faisions ici et pourquoi nous avions besoin de ces maisons », explique l’hôtesse.

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