Echange de traditions de l’Oural à la France

Au camp pour enfants Iouny Nijegorodets à Nijni Novgorod. Source : Service de presse

Au camp pour enfants Iouny Nijegorodets à Nijni Novgorod. Source : Service de presse

Le 1er juillet a eu lieu l'inauguration du festival itinérant Parijevsk au centre Culturel Chisty Pereulok à Moscou. Pour la troisième année consécutive, une équipe de trente Franco-russes, travaillant dans l’artisanat et dans les arts, est partie à la rencontre des populations des Républiques de Tatarstan, d’Oudmourtie, de Bachkirie, et des départements de Perm, Sverdlovsk et Tcheliabinsk. Leur but ? Faire découvrir des traditions françaises médiévales peu connues dans ces régions reculées de Russie.

À 4000 kilomètres de Paris à l’Est, se trouve Ijevsk, capitale de la République d’Oudmourtie. La région située en plein Oural est peuplée de Russes, d’Oudmourtes et de Tatares. C’est là qu’est née Veronika Boulycheva, l’instigatrice du festival. Son parcours de vie explique très bien la raison de ce projet.

 

« J’ai vu le jour dans cette région qui sépare l’Europe et l’Asie. J’aime la Russie comme une mère puisqu’elle m’a fait naître et la France comme une sorte de belle-mère car elle m’a accueillie il y a vingt ans. Je ne me sens plus Russe mais je ne me sentirai jamais Française non plus. Je suis comme un avion qui relierait ces deux pays, un viaduc virtuel entre ces deux cultures », explique Veronika.

 

Son visage poupon et ses petits yeux rappellent très bien ses origines oudmourtes. L’air rêveur, ce petit bout de femme raconte comment ces deux pays l’habitent et son envie de revitaliser son pays natal en organisant des manifestations culturelles. « La Russie et la France s’aiment, je le sais, mais elles ne se connaissent pas. C’est un amour miroité par les médias, par l’espoir, par le passé. On apprécie d’autant plus un pays lorsqu’on peut « goûter » à sa culture, le toucher. C’est pour approfondir cet amour que j’ai mis sur pied le festival Parijevsk ».

 

Casser l’image de l’eldorado français

 

Dans ces régions de la Russie profonde, l’image de la France fait rêver. Stéphanie Acquette, co-organisatrice du festival, l’a bien remarqué durant les précédentes éditions. « À chacun de mes voyages en Russie, on me dit à quel point j’ai de la chance de vivre à Paris. Pour eux, la France c’est la Tour Eiffel, le Louvre, Versailles. Forcément ça fait rêver, mais ce n’est pas que ça la France. Mon but c’est d’encourager tous les Russes que je croise à venir visiter la province française riche en traditions ».

 

Le festival a une double ambition : présenter la France ancienne, traditionnelle, grâce à des expositions sur les arts et métiers, du théâtre de rue, des concerts, des conférences et des jeux. Mais aussi encourager les artistes russes des régions de l’Oural à parcourir la France à leur tour. Un véritable challenge, selon Stéphanie Acquette. « Il y a pour eux comme un blocage psychologique. Les Russes ne conçoivent pas qu’il est facile de venir en France. Notre objectif, c’est de les convaincre du contraire afin de renforcer les liens culturels entre l’Oural et la France ».

  

Une troisième édition médiévale

 

Après les femmes et la créativité en 2010 et la culture russe en exil en 2011, Veronika Boulycheva et Stéphanie Acquette se sont décidées cette année pour l’époque médiévale. «Le Moyen Age englobe tellement de domaines à explorer : le déguisement, la cuisine, la musique, l’artisanat, les arts scéniques. De plus, la Russie s’intéresse beaucoup à la culture française médiévale. C’est à cette époque que se sont développés la plupart des idées, des opinions et des principes de vie de l’homme moderne », explique Stéphanie qui pour sa part sera, durant le festival, chanteuse, musicienne et interprète de cartes de tarot. La jeune parisienne est déjà impatiente de repartir sur les routes russes.

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