Mainmise d’Aeroflot sur le Moscou-Nice

Crédit photo : Itar-Tass

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C’est la compagnie aérienne Rossiya, dont 77% du capital est détenu par Aeroflot, qui a finalement été choisie, dans le cadre de la libéralisation du trafic aérien avec la France, comme deuxième compagnie russe pour assurer la liaison Moscou-Nice. Transaero opèrant déjà les vols à destination de Paris et prétendant à l’exploitation des vols pour Nice s’étonne d’un tel choix et compte sur une intervention du Service antimonopole russe (FAS).

Jusqu’à maintenant, Aeroflot du côté russe et Air France du côté français, toutes deux membres de l’alliance Sky Team, étaient les deux seules compagnies à se partager l’exploitation de la liaison Moscou-Nice. En mai dernier, Aeroflot s’est vu refuser sa demande d’augmenter la fréquence des vols de 7 vols supplémentaires pour cette destination, pour passer de 17 à 24 vols hebdomadaires (sur la totalité des 62 vols hebdomadaires vers la France).

Plusieurs grosses compagnies aériennes russes, comme Transaero, Ural airlines, Sibir, UTair sont entrées en lice pour le marché. Et c’est Rossiya qui a finalement été choisie par les autorités  aériennes.

 « La désignation d’une seconde compagnie sur cette liaison devait avoir pour objectif de stimuler la concurrence. Or, de quelle concurrence il peut bien s’agir si ce deuxième transporteur n’est en fait qu’une « filiale » appartenant à 75% à Aeroflot », s’indigne le directeur général adjoint de Tansaero Dmitri Stoliarov face cette décision. « Les services anti-monopoles devraient réagir. Attendons donc la décision du FAS ».

Le critère d’affiliation, qui réduisait les chances des « filiales » d’Aeroflot d’obtenir le marché, fut celui qui a créé la polémique au sein de la commission. Aeroflot insistait sur le fait que l’affiliation n’enlève pas la possibilité aux filiales d’opérer de manière indépendante.

« Rossiya est une compagnie en bonne santé financière, elle paie ses impôts, et détient un parc suffisant d’avions modernes de fabrication russe », dont le An-148, avance une source proche de la compagnie Rossiya pour expliquer ce choix. « De plus, au printemps, Transaero a déjà obtenu l’exploitation des liaisons les plus populaires, telles Rome, Milan, Venise et Paris », note la source. « Il est possible que le choix en faveur de Rossiya ait été fait justement pour éviter le lobbying  de Transaero ».

En juillet 2012, le billet direct aller-retour Moscou-Nice le moins cher valait 20 000 roubles (environ 487 euros). Dans le cas d’une seule compagnie sur le  marché, le vol direct s’avère 40% plus cher qu’un vol avec escale dans une ville européenne.

« La France est une destination de plus en plus populaire et pas seulement la capitale : de plus en plus de voyageurs choisissent comme destination touristique la côte d’Azur, la Provence et les petites villes du Sud de la France », explique Constantin Kalinov, vice-président de la société JetRadar (aviasales.ru). La présence d’une deuxième compagnie sur le trajet Moscou-Nice permettrait aux voyageurs  d’économiser près de 15-20% par rapport aux prix actuels. Mais cette baisse des prix n’aura lieu que si le second transporteur fait partie d’une autre alliance ».

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