Le jeune espoir du rallye russe à 324 km/h sur le périph

Evguéni Novikov Crédit photo : Getty Images/Fotobank

Evguéni Novikov Crédit photo : Getty Images/Fotobank

Evguéni Novikov, le jeune prodige du sport automobile russe a débuté en WRC (Championnat du monde des rallyes) à l’âge de 19 ans. C’est le coureur le plus jeune de l’histoire des Championnats à avoir obtenu le meilleur temps sur l’une des manches de la course. Et le plus jeune vainqueur du WRC (2ème place au Rallye du Portugal en 2012). Son style de conduite fougueux en fait la coqueluche des journalistes et ne laisse pas non plus indifférent les spécialistes. Difficile de lui trouver un copilote assez téméraire pour le suivre. Dans une interview exclusive pour La Russie d’aujourd’hui, il nous raconte ses premiers pas dans la compétition, ses pointes de vitesse sur l’autoroute et la peur du copilote dans les virages.

En 2006 Novikov a remporté la Coupe de Russie des rallyes. C’était sa première course, il n’avait que 15 ans et pas de permis de conduire officiel, il a donc dû obtenir une autorisation spéciale du conseil de la Fédération automobile de Russie pour y prendre part. Ainsi, lorsqu’il devait emprunter les voies publiques, c’est son copilote Vladislav Strebkov qui prenait le volant de leur Subaru Impreza.

Votre père Maxime Novikov est un célèbre coureur. C’est lui qui vous a mis le pied à l’étrier ?


La course auto, ce n’est pas tant mon initiative que celle de mon père. Il a commencé la compétition en 1999, je le suivais lors des courses pour l’encourager, j’assistais aux essais, aux entraînements. La première fois, il m’a mis au volant en 2000, je n’avais que 10 ans. J’ai commencé par le karting. Dès les premiers jours au volant, j’ai senti que j’avais certaines capacités. Je dépassais de loin mes camarades et j’obtenais de bons résultats en contre-la-montre. Déjà, à l’époque, je rêvais de rallye mais je devais me limiter au karting, vu mon jeune âge. Dès que j’ai eu 16 ans, j’ai obtenu l’autorisation requise et commencé à participer aux courses.

Quel est le souvenir de vos débuts qui vous a le plus marqué?


J’ai réussi à me qualifier pour le championnat du monde de karting, où je devais démarrer en deuxième position. Avant la course finale, j’avais le trac mais dès que j’ai pris le volant, plus aucun doute. Il ne restait que quelques secondes avant le départ et ma voiture a refusé de démarrer. Nous avons été disqualifiés. Pendant quelques jours, je ne voulais même plus entendre parler de course auto. J’étais vraiment dégoûté.

Comment êtes-vous arrivés en WRC ?


En 2008, j’ai participé en P-WRC (Production World Rallye Championship). Mon équipe devait faire un choix : économiser et continuer encore deux saisons avec la même voiture ou prendre le risque d’investir et aller en WRC. Nous avons choisi de prendre le risque. Nous avons participé à 9 rallyes en 2009, puis la crise nous a touchés de plein fouet. Cela a eu un sérieux impact sur l’équipe. Il a fallu faire une interruption d’un an.

Donnez-nous vos impressions sur le Rallye du Portugal de 2012. C’est la première fois que la Russie décrochait un podium en WRC.


Je suis arrivé troisième de la course mais le vainqueur Mikki Hirvonen a été disqualifié, ce qui m’a fait grimper à la deuxième place. C’était un grand moment pour moi. Un objectif que je voulais atteindre depuis longtemps. J’étais bien sûr content pour mon équipe. Je pense que nous contribuons à promouvoir le sport auto en Russie. Chaque année, nous comptons de plus en plus de supporters russes pour le WRC. L’émergence de nouveaux talents va sûrement contribuer à relever le niveau du sport automobile en Russie.

Vous avez souvent changé de copilotes durant votre carrière. En ce moment, vous travaillez avec l’un de copilotes les plus expérimentés du WRC, Denis Giraudet. Qu’est- ce que ça change de travailler avec un étranger ?


Nous avons longtemps essayé de trouver un copilote russe mais en vain. Nous avons organisé des tests pour tous les intéressés. La situation était simple : dès qu’un coureur  obtenait de bons résultats aux championnats de Russie, il prenait la grosse tête. Malheureusement, la mentalité des Russes les empêche d’évoluer. C’est pour cette raison que nous avons dû chercher un copilote de niveau mondial. D’abord, il y a eu l’Australien Dayle Moskett. Dayle est un vrai pro mais on sentait chez lui une appréhension. Or, quand le copilote n’a pas en confiance à 100%, il peut faire des erreurs et perdre le rythme. Denis Giraudet, étonnamment, malgré ses 56 ans, ne semble ressentir aucune crainte. Et puis, il est riche d’une sacrée expérience. Face aux difficultés, il trouve très vite la bonne solution pour dépasser le problème. Et il sait garder la distance, ce qui compte beaucoup en WRC.

Que faites vous de votre temps libre ?


J’essaie de diversifier mes centres d’intérêt. Bien dormir, lire, regarder des films. J’aime jouer au poker. J’ai fait quelques sauts en parachute. Mais les voitures restent ma passion. J’en change souvent. J’essaie de tester tous ce qui sort sur le marché. Beaucoup de coureurs disent que dans la vie ils préfèrent les petites cylindrées, moi je ne peux pas me passer de vitesse. Sur mon GT-R, je fait du 310 km/h sur l’avenue Koutouzovski (à Moscou) et des pointes à 324 km/h sur le périphérique.

Le 22 juin se tient l’étape suivante du WRC, le Rallye de Nouvelle Zélande. Quels sont les objectifs que vous vous êtes fixé ?


Arriver dans les cinq premiers et obtenir un bon résultat. Faire une course sans faute. Ce serait le top.

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