Skolkovo part à la « cueillette » des jeunes pousses dans les grandes écoles de commerce

La présentation du Centre d'innovation Skolkovo. Crédit photo : Maria Tchobanov

La présentation du Centre d'innovation Skolkovo. Crédit photo : Maria Tchobanov

Pour les élèves de l’INSEAD de Fontainbleau, prestigieuse école de management formant les futurs Bill Gates et Mark Zuckerberg, le nom de Skolkovo est devenu familier. Pour la deuxième année consécutive, la « cité des sciences » russe y délivre le prix de la meilleure innovation à de jeunes entreprises dans le cadre du concours Business Venture Competition (BVC).

Cette année, la récompense d’un montant de 25 000 euros a été remportée par la société Stellamatics, fondée par trois étudiants : Edward Wible (États-Unis), Federico Angel Botero (Colombie) et Khaled Chtourou (Tunisie). Ils ont mis au point une plateforme pour iPhone et autres smartphones optimisant le contrôle logistique du service de livraison et après-vente. Le système est basé sur les technologies de l’informatique virtuelle ou « cloud computing » et utilise des algorithmes qui permettent de rationaliser l’emploi du temps en prenant en compte les déplacements et le travail prévus, sans l’intervention d’un manager.

Le concours BVC

a lieu tous les ans en juin et décembre. Le montant de la récompense est de 50 000 euros, dont 25 000 sont versés par la Fondation Skolkovo (Skolkovo Innovation Prize).

C’est le projet le plus intéressant d’un point de vue scientifique mais aussi commercial qui remporte le prix.

Le gagnant touche 25 000 euros, un séjour à Moscou, et peut prétendre participer au projet Skolkovo en en faisant la demande auprès d’une commission d’experts.

« Ce genre de concours nous aide à tomber sur les bonnes personnes, et pas seulement parmi les gagnants. Ce n’est pas un concours de projets, mais d’entreprises, ce qui est une première pour un établissement d’enseignement. Le montant de la récompense est versé sur le compte bancaire de la société. Les étudiants participant au concours préfèrent, après obtention du diplôme, non pas intégrer une grosse entreprise pour toucher un salaire et rembourser leur prêt étudiant, mais investir dans leur propre société et faire ce qui leur plaît, et c’est ce que nous apprécions », assure le vice-président de la Fondation Skolkovo Alexeï Beltioukov.

En plus de la récompense matérielle, les jeunes entrepreneurs ont été invités à Moscou, afin de découvrir le fonctionnement du Centre d’innovation et rencontrer des clients potentiels.

Bien que le lancement du projet pilote de Stellamatics se fasse à Singapour et vise ensuite le marché sud-américain, à commencer par la Colombie, la perspective de conquérir le marché russe n’est pas si utopique. « J’ai discuté avec mes camarades de Taxipedia (vainqueurs du même prix d’innovation en décembre dernier au campus de l’INSEAD à Singapour) et ils ont dit être très satisfaits des relations avec Skolkovo, qui tend à donner une véritable impulsion aux jeunes pousses et accroît leurs chances de réussite, c’est un très bon soutien », selon l’un des initiateurs de Stellamatics, l’américain Edward Wible.

Alexeï Beltioukov, lors de la cérémonie de remise des prix, a déclaré que, la veille, au Forum économique international de Saint-Pétersbourg, la société israélienne Parasight, premier gagnant du prix de l’innovation de Skolkovo issu de Fontainebleau en juin 2011, vient d’obtenir le certificat du 500ème participant du projet Skolkovo. Cette agence de biomédecine met ses techologies de pointe au service du contrôle de la qualité du sang destiné aux transfusions. Le séjour à Moscou a permis aux vainqueurs du concours de prendre connaissance du marché russe et de découvrir le service du sang à Moscou, ce qui a été décisif dans leur décision de faire partie du projet Skolkovo.

Le vice-président de la Fondation, qui a lui-même étant terminé l’INSEAD de Fontainebleau 15 ans auparavant, explique que cette école a été choisie parmi une liste d’écoles de commerces les plus prestigieuses du monde avant tout en raison de la proximité géographique. Par la suite, ce programme devrait s’étendre à des établissement comme Standford, Harvard et MIT.

« L’un des critères essentiels pour notre projet, c’est la motivation de chaque participant. Les gens doivent venir à Skolkovo par intérêt, par challenge, et non pas par nécessité », affirme Alexeï Beltioukov.

Il explique que le contexte et l’atmosphère durant ces concours engendre cette émulation : « Pendant plusieurs mois, 45 équipes d’étudiants préparent leur projet, parlent du concours et de Skolkovo, qui décerne une grosse récompense qu’il faut s’efforcer de gagner. L’information circule d’elle même efficacement. Au début, le mot Skolkovo interloquait, mais peu à peu, les étudiants ont saisi l’intérêt et la raison de se battre pour remporter le prix ».

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